Le Bureau guinéen du droit d’auteur (BGDA) a officiellement lancé, ce lundi 2 novembre 2026, la première édition du Concours national de plaidoirie en droit d’auteur, autour du thème « Plaider pour le créateur ». La cérémonie s’est tenue à Camayenne Plage, à Conakry, en présence de représentants des institutions publiques, du monde universitaire, judiciaire et culturel.

Cette initiative vise à renforcer la connaissance du droit d’auteur en Guinée, à promouvoir la protection des œuvres intellectuelles et artistiques, mais également à encourager la formation pratique des étudiants en droit.

Prenant la parole au nom des structures partenaires, le doyen de la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, le Dr Anssoumane Sacko, a salué une initiative qui rapproche le monde universitaire des réalités professionnelles. Il a notamment rappelé que la création artistique, littéraire, musicale et scientifique constitue une richesse qui mérite une protection juridique effective.

« Le concours national de plaidoirie constitue un excellent instrument de rapprochement entre le monde universitaire et les institutions professionnelles. Il permet de sortir le droit des amphithéâtres pour le confronter aux réalités pratiques. C’est pourquoi la Faculté des Sciences Juridiques et Politiques de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia se réjouit de participer à cette initiative et réaffirme son attachement à toutes les actions qui contribuent à améliorer la formation pratique des étudiants et à renforcer les liens entre les institutions universitaires et les milieux professionnels. Nous considérons que ce type de partenariat doit être encouragé, consolidé et inscrit dans la durée. L’ambition est donc plus grande qu’un simple concours ».

Selon lui, de nombreux artistes, écrivains, musiciens, photographes et autres créateurs voient encore leurs œuvres exploitées sans autorisation, reconnaissance ou rémunération. Une situation qui, avec le développement du numérique, devient davantage préoccupante en raison des risques de reproduction illicite, de contrefaçon et d’exploitation commerciale non autorisée.

Le doyen a ainsi souligné que le droit d’auteur ne constitue pas une faveur accordée aux créateurs, mais une reconnaissance juridique de leur travail intellectuel et artistique. Il a également insisté sur la responsabilité des universités dans la formation de juristes capables de défendre concrètement les droits des créateurs.

De son côté, le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Youssouf Boundou Sylla, a mis en avant les ambitions de cette compétition, qui entend dépasser le cadre d’un simple exercice académique.

Dans son intervention, il a notamment annoncé que les mémoires des candidats seront anonymisés et que les jurys seront composés de magistrats, d’avocats et d’universitaires. Le BGDA ne disposera pas de la majorité au sein de ces jurys, une disposition destinée à garantir l’indépendance et la crédibilité de la compétition.

Autre annonce importante,  les six candidats issus des deux équipes finalistes bénéficieront d’une proposition de stage de trois mois à la Direction juridique et contentieux du BGDA, à partir de janvier 2027. Une opportunité qui leur permettra de se familiariser avec les réalités du contentieux et de renforcer leurs compétences professionnelles.

Le ministre a également précisé que cette initiative s’inscrit dans le Plan d’action opérationnel 2026 de son département et répond à la vision des autorités de faire de la culture une véritable ressource économique et un motif de fierté nationale.

À cette occasion, il a invité les responsables des universités partenaires à désigner leurs candidats sur la base du mérite, tout en encourageant la participation des femmes et des étudiants issus de l’intérieur du pays. Il a également appelé les entreprises et les partenaires à soutenir cette initiative en faveur d’un environnement plus favorable à la création artistique.

La grande finale de cette première édition est annoncée pour le 18 décembre 2026.

À travers ce concours, le BGDA entend ainsi faire de la plaidoirie un outil de sensibilisation, de formation et de promotion de la propriété intellectuelle. Au-delà de la compétition entre étudiants, l’enjeu est de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération de juristes capables de défendre les droits des créateurs et de participer au développement de l’économie culturelle guinéenne.

Mariame Traoré