Un important réseau présumé de transport de stupéfiants vient d’être mis en difficulté dans la préfecture de Kindia. Les forces de sécurité ont mis la main sur 240 kilogrammes de chanvre indien au cours d’une opération nocturne menée dans la localité de Kabeleya, relevant de la sous-préfecture de Kolenté. Un conducteur de taxi-moto a été interpellé, tandis que son présumé complice a réussi à prendre la fuite.

La saisie a été officiellement présentée à la presse ce mercredi 4 novembre 2026, au commissariat central de police de Kindia. Sur place, les autorités ont exposé quatre ballots de chanvre indien, pesant chacun 60 kilogrammes, soit un total de 240 kilogrammes. Deux motos de marque TVS 125, utilisées pour le transport de la marchandise, ont également été présentées.
D’après les explications du commissaire central de police de Kindia, Sékou Nana Camara, l’opération s’est déroulée dans la nuit du 23 octobre 2026. Les deux présumés transporteurs, Seydouba Soumah et un individu connu sous le surnom de Gbagbo, acheminaient la drogue depuis Kora, dans la sous-préfecture de Madina Oula, en direction de Mourké, à Gomba, avec pour destination finale Gaoual.
Le dispositif sécuritaire déployé à Kabeleya a permis d’intercepter Seydouba Soumah, domicilié à Maléya et exerçant comme conducteur de taxi-moto. Son compagnon de route, lui, a réussi à s’échapper, abandonnant derrière lui ses deux ballots ainsi que sa moto. À l’occasion de cette présentation, le commissaire central a salué la vigilance des agents mobilisés et insisté sur la nécessité d’une collaboration permanente entre les citoyens et les services de sécurité pour endiguer le trafic de stupéfiants.
« Nous félicitons les forces de défense et de sécurité de Kindia pour le travail effectué. Cela prouve que nous sommes toujours à la veille de la sécurité de la population et de ses biens. Nous appelons donc la population à la collaboration afin que nous puissions lutter ensemble contre le trafic et la consommation des stupéfiants », a-t-il déclaré.

Placé en garde à vue, le conducteur de taxi-moto a reconnu avoir participé au transport de la marchandise. Dans ses explications, il affirme avoir accepté cette proposition pour des raisons financières. Il évoque une rémunération de 500 000 francs pour le transport de chaque colis et met en cause une femme qui lui aurait confié les ballots, ainsi que le fournisseur présumé.
« C’est une tantie qui est venue chez nous à Maléya et qui m’a mis dans ce pétrin. Moi, je fais le taxi-moto chez nous. Elle est venue me trouver en disant qu’elle avait un colis à transporter. Comme nous avons des difficultés à faire des recettes, nous avons discuté et elle m’a proposé 500 000 francs pour le transport de chaque colis », a-t-il expliqué, reconnaissant avoir accepté la proposition.

Le commandant de zone de Kindia, le général de brigade Moussa Keïta, a, pour sa part, réaffirmé la détermination des forces de sécurité à poursuivre cette lutte. Pour lui, la traque des acteurs du trafic de drogue ne saurait se limiter à des opérations isolées.
« Ce que nous faisons n’est pas une lutte ponctuelle, c’est une lutte permanente, continuelle et à tous les niveaux. De jour comme de nuit, nous veillons et cherchons toujours à interpeller ces malfaiteurs, parce que la drogue est néfaste pour notre génération. Nous ne nous fatiguerons jamais dans ce combat », a-t-il assuré.

Sur le plan judiciaire, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Kindia, Mamadou Bhoye Diallo, a salué l’engagement des forces de défense et de sécurité. Il a annoncé que le dossier serait prochainement transmis au parquet pour examen et orientations judiciaires. « Le commissariat central, qui est saisi du dossier, va rapidement le transmettre à notre parquet. Nous donnerons les orientations nécessaires afin que ce jeune, présumé auteur, soit fixé sur son sort », a-t-il indiqué.

Avec cette saisie de 240 kilogrammes de chanvre indien, les autorités sécuritaires et judiciaires de Kindia réaffirment leur volonté de renforcer la lutte contre la circulation des stupéfiants dans la région. Le second suspect, toujours en fuite, reste quant à lui recherché.
AAS




