À Labé, le taxi-moto constitue une importante source de revenus pour de nombreux jeunes et chefs de famille. Si cette activité permet à certains de subvenir aux besoins de leurs familles et de réaliser des projets personnels, elle reste néanmoins confrontée à plusieurs difficultés, notamment l’irrégularité des recettes, l’insécurité et les conflits avec certains clients. Immersion dans le quotidien de ces conducteurs.
Dans la ville de Labé, le transport par taxi-moto occupe une place importante dans la mobilité urbaine. Au-delà de son rôle dans le déplacement des personnes, cette activité représente une véritable source de subsistance pour de nombreux conducteurs. Après plusieurs années d’exercice, certains affirment même avoir réussi à améliorer leurs conditions de vie grâce aux revenus générés par ce métier.
C’est le cas d’Alhassane Diallo, membre du syndicat USTG. Pour lui, la réussite dans cette activité dépend essentiellement de la capacité des conducteurs à bien gérer leurs recettes et à faire des économies.
« Nous gagnons un peu d’argent, mais pour exercer ce métier, il faut être intelligent dans la gestion afin de pouvoir épargner. Certains parmi nous se sont mariés, d’autres ont construit des maisons et certains sont même partis à l’étranger grâce à cette activité », explique-t-il.

Alhassane DIALLO
Cependant, cette réalité n’est pas partagée par tous les conducteurs. Les recettes journalières restent souvent incertaines et dépendent largement du nombre de clients transportés. Certains peinent même à réunir les dépenses nécessaires à leur quotidien. Mamadou Baïlo Diallo, conducteur de taxi-moto, témoigne de cette précarité.
« Si tu arrives à gagner de quoi nourrir ta famille, remercie le Bon Dieu. Certains parmi nous sortent le matin avec seulement le prix du carburant, mais parviennent à couvrir leurs dépenses, à condition de savoir bien gérer leur argent », souligne-t-il.

Mamadou Baïlo DIALLO
À ces difficultés financières s’ajoutent les problèmes liés au comportement de certains clients. Les désaccords autour des tarifs convenus avant le transport et les refus de paiement à destination constituent, selon les conducteurs, des situations auxquelles ils sont régulièrement confrontés.
Alhassane Diallo dénonce notamment le non-respect des engagements pris entre conducteurs et passagers.
« Nous, conducteurs de taxi-moto, nous ne sommes pas en sécurité. Nous rencontrons des clients parfois très difficiles à gérer. Tu peux convenir d’un prix avec quelqu’un pour le transporter, mais une fois arrivé à destination, il change d’avis et te paie le montant qu’il veut », déplore-t-il.
Un problème également soulevé par Mamadou Baillo Diallo, qui affirme que certains clients vont jusqu’à refuser de payer après avoir bénéficié du service. Des comportements qui fragilisent davantage les recettes des conducteurs et compliquent l’exercice de leur activité.
Mais les difficultés du secteur ne sont pas uniquement liées aux clients. Certains conducteurs reconnaissent également la nécessité d’améliorer les comportements au sein de leur propre corporation. Le respect des passagers, l’honnêteté et la prudence sont autant de valeurs qu’ils estiment indispensables pour préserver la confiance entre les différents acteurs.
Dans ce sens, Thierno Oumar Diallo, également conducteur de taxi-moto, interpelle ses collègues sur la responsabilité qui leur incombe dans le transport des bagages. Il les invite notamment à faire preuve de transparence et à éviter de transporter des colis suspects ou destinés à des lieux qu’ils ne connaissent pas, afin de prévenir d’éventuels problèmes.

Thierno Oumar DIALLO
Malgré ces contraintes, le taxi-moto demeure un maillon essentiel du transport urbain à Labé. Entre espoir de réussite, difficultés financières et exigences de sécurité, les conducteurs continuent de s’investir dans cette activité pour faire vivre leurs familles. Un quotidien qui rappelle la nécessité d’une meilleure organisation du secteur, mais aussi d’une collaboration fondée sur le respect et la confiance entre conducteurs et clients.
Labé, Laurent Sadoux Taran pour Éclatinfogn.com




