C’est un tournant majeur dans la lutte contre l’insalubrité à Conakry. Le gouvernement guinéen a officiellement lancé, ce lundi 2 novembre 2026, les travaux de fermeture écologique et de réhabilitation environnementale de la décharge de Dar es Salam. Financée par le groupe chinois Winning International Group, cette opération vise à transformer cet immense dépotoir en un parc urbain au bénéfice des populations.

La montagne d’ordures de Dar es Salam pourrait bientôt appartenir au passé. Après près de trois décennies d’accumulation de déchets, ce site emblématique de l’insalubrité dans la capitale guinéenne entre dans une nouvelle phase de son histoire. La cérémonie de lancement des travaux s’est déroulée en présence du Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah, de plusieurs membres du gouvernement et des autorités administratives et locales.
Érigée sur une superficie de 280 000 mètres carrés, la décharge concentre environ 7,2 millions de tonnes de déchets, selon les chiffres communiqués par le ministre de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Aboubacar Camara. Au fil des années, son exploitation a exposé les populations riveraines à de multiples nuisances, notamment les fumées, les incendies, les odeurs nauséabondes et les risques de pollution des sols et des eaux.
Pour le ministre Aboubacar Camara, la fermeture de cette décharge représente bien plus qu’une opération d’assainissement. Il s’agit, selon lui, de mettre fin à une catastrophe écologique et sanitaire dont les conséquences ont durablement affecté les communautés environnantes. Il estime qu’entre 150 000 et 250 000 personnes ont vécu quotidiennement à moins de deux kilomètres du site.
Le projet prévoit notamment la stabilisation du massif de déchets, la mise en place d’une couverture étanche, l’installation d’un système de drainage ainsi que le captage et le traitement des gaz. Ces interventions doivent permettre de réduire les risques d’éboulement, d’incendie et de nouvelles pollutions environnementales.
Mais l’ambition des autorités ne s’arrête pas à la fermeture du dépotoir. À terme, le site doit être transformé en un parc urbain végétalisé, offrant aux habitants de Conakry un nouvel espace de détente et de loisirs.
Entièrement financé par le groupe chinois Winning International Group, ce projet constitue également une illustration de la coopération entre la Guinée et ses partenaires économiques. Le Premier ministre Amadou Oury Bah a salué cet engagement, tout en insistant sur la nécessité d’un suivi rigoureux des travaux, du respect des exigences environnementales et de la protection des populations riveraines.
Le chef du gouvernement a par ailleurs rappelé que les familles dont les logements ou les moyens d’existence seraient affectés par les mesures de protection devront bénéficier d’un accompagnement adapté. Il a également annoncé son implication personnelle, aux côtés du ministre de l’Assainissement et du conseiller du président de la République, Ousmane Doumbouya, dans le suivi de l’exécution du projet.
Du côté des autorités locales, le maire de Gbessia, Mamadou Saliou Fofana, et la gouverneure de Conakry, M’mahawa Sylla, ont salué une initiative porteuse d’espoir pour les populations longtemps confrontées aux conséquences de l’exploitation de cette décharge.
Parallèlement à cette réhabilitation, les déchets seront progressivement orientés vers le site de Baritodé, dans la préfecture de Coyah, dans le cadre de la réorganisation du dispositif de gestion des ordures de la capitale.
Toutefois, pour le ministre Aboubacar Camara, la fermeture de Dar es Salam ne suffira pas à résoudre durablement la crise de l’insalubrité. Il plaide pour un mécanisme de financement pérenne couvrant toute la chaîne de gestion des déchets, de la précollecte au traitement final, avec une implication accrue des collectivités, des entreprises et des citoyens.
Après plusieurs décennies de nuisances et de préoccupations sanitaires, Dar es Salam s’engage ainsi dans une transformation majeure. Reste désormais à concrétiser cette promesse environnementale et à faire de cette ancienne montagne d’ordures un véritable espace de vie pour les populations de Conakry.
AAS




