La cinquième édition du Forum sur le commerce et l’investissement entre le Royaume-Uni et l’Afrique de l’Ouest et du Centre francophone (WCAF V) a pris fin mercredi à Conakry sur des annonces majeures pour la coopération économique. Dans son discours de clôture, le ministre guinéen du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a annoncé le relèvement de l’enveloppe de référence de l’ambition d’investissement britannique en Guinée, passée de 1,8 à 2,7 milliards de livres sterling. Il a également mis l’accent sur la nécessité de traduire les engagements du Forum en projets concrets, en emplois et en retombées économiques pour les populations.

Placée sous le signe du renforcement des partenariats économiques, cette rencontre de deux jours a réuni des représentants des gouvernements, des institutions financières, des investisseurs et des entreprises du Royaume-Uni, de l’Afrique francophone et d’autres régions du monde. Selon Ismaël Nabé, cette cinquième édition a enregistré la plus forte participation de l’histoire du Forum, témoignant de l’intérêt croissant des partenaires internationaux pour les perspectives économiques de la région.

La Guinée au cœur des perspectives d’investissement

L’une des principales annonces de cette édition concerne la Guinée, avec l’augmentation de 1,8 à 2,7 milliards de livres sterling de l’enveloppe de référence de l’ambition d’investissement britannique dans le pays.

Pour le ministre Ismaël Nabé, cette évolution constitue un signal de confiance dans les perspectives économiques guinéennes et dans les ambitions de transformation portées par le programme Simandou 2040.

Le ministre a toutefois insisté sur l’importance de convertir cette ambition financière en réalisations concrètes, notamment à travers le développement des capacités productives, le transfert de compétences, la participation des entreprises locales et la création d’emplois pour la jeunesse.

« Nous ne recherchons pas uniquement des volumes de capitaux. Nous recherchons du capital qui crée de la capacité », a-t-il déclaré, soulignant que la finalité du financement reste la transformation économique et l’amélioration des conditions de vie des populations.

Un partenariat axé sur des résultats concrets

Au-delà des annonces financières, le discours de clôture a mis en évidence un défi majeur : faire passer les intentions d’investissement à la réalisation effective des projets.

Les discussions ont notamment porté sur les infrastructures, l’énergie, l’accès à l’eau, l’industrialisation, les transports, la connectivité, la transformation des ressources minières et le développement des petites et moyennes entreprises.

La session consacrée à Simandou 2040 a particulièrement souligné la nécessité pour la Guinée de dépasser la seule exploitation de ses ressources naturelles afin de construire une économie diversifiée, inclusive et créatrice de valeur ajoutée.

Ismaël Nabé a également rappelé que la réussite d’un investissement dépend de la qualité de sa préparation technique, financière, juridique et institutionnelle. Pour lui, un projet annoncé n’est pas nécessairement financé, et un projet financé n’est véritablement réussi que lorsqu’il produit les bénéfices économiques et sociaux attendus.

Dans cette perspective, le ministre a proposé trois priorités pour la suite : transformer les échanges en projets finançables, renforcer les capacités des entreprises africaines grâce au transfert de technologies et de compétences, et inscrire les investissements dans une dynamique régionale favorisant les échanges commerciaux.

Un accord stratégique entre la BAD et UK Export Finance

Autre fait marquant du Forum : la signature d’un accord-cadre stratégique de partenariat entre la Banque africaine de développement (BAD) et UK Export Finance, l’agence britannique de financement des exportations.

Cette initiative vise à rapprocher les capacités de financement et d’accompagnement de la Banque africaine de développement des instruments britanniques de soutien aux exportations, afin de faciliter le développement de projets structurants sur le continent.

Lors de son intervention, le ministre guinéen a insisté sur l’importance de coordonner les financements, les expertises et les capacités d’exécution pour répondre aux besoins des économies africaines.

La rencontre de haut niveau intitulée « Go Far, Go Together » a également illustré cette nécessité de renforcer les complémentarités entre les institutions financières internationales, les banques de développement et les partenaires publics et privés.

L’intégration régionale comme levier de croissance

Les différentes sessions consacrées aux pays participants ont mis en lumière des besoins communs en matière d’infrastructures, d’énergie, de commerce, d’éducation, d’industrialisation et d’accès aux marchés.

Pour Ismaël Nabé, les opportunités économiques des pays africains gagneraient en ampleur si elles étaient davantage intégrées dans des stratégies régionales. Il a notamment souligné le rôle des corridors économiques dans la connexion des zones de production aux marchés, des ports aux bassins industriels et des entreprises aux chaînes d’approvisionnement.

Cette approche vise à renforcer la compétitivité des économies africaines et à favoriser une croissance fondée sur la coopération, la circulation des biens et la création de valeur sur le continent.

« Notre responsabilité commence dès demain »

En déclarant clos le WCAF V, Ismaël Nabé a appelé les participants à maintenir la dynamique engagée durant les deux journées de travaux. Il a exhorté les gouvernements, les investisseurs et les partenaires au développement à poursuivre les discussions, à approfondir les projets identifiés et à mobiliser les financements nécessaires à leur réalisation.

« Le Forum s’achève aujourd’hui. Notre responsabilité, elle, commence dès demain », a-t-il affirmé.

À travers les annonces formulées à Conakry et les engagements exprimés par les participants, cette cinquième édition ouvre de nouvelles perspectives pour la coopération économique entre le Royaume-Uni et l’Afrique francophone. Pour la Guinée, l’enjeu sera désormais de concrétiser les ambitions affichées, notamment dans le cadre de Simandou 2040, afin de transformer les opportunités d’investissement en emplois, en capacités industrielles et en prospérité durable pour sa population.

Mariame Traoré