Le procureur général près la Cour d’appel de Conakry passe à l’offensive contre les lieux servant à la préparation et à la dissimulation d’activités criminelles. Dans une réquisition adressée aux responsables de la Gendarmerie spéciale et de la Police de Conakry, il ordonne des interventions sans délai, le démantèlement des dispositifs illicites et l’interpellation des personnes impliquées, dans le strict respect de la loi.
La lutte contre la criminalité et les trafics illicites s’intensifie dans la capitale guinéenne. Le procureur général près la Cour d’appel de Conakry a requis le concours de la force publique afin de mettre fin aux activités délictueuses dans les zones identifiées comme servant de repaires criminels ou de lieux de trafic et de consommation de stupéfiants.
Fondée sur l’article 41 de la loi L/2016/060/AN du 26 octobre 2016 portant Code de procédure pénale, cette réquisition s’adresse au commandant de la Gendarmerie spéciale de la ville de Conakry ainsi qu’au directeur régional de la Police de Conakry. Les deux responsables sont appelés à faire exécuter les mesures prescrites sans délai, en coordination avec les procureurs de la République compétents.
Dans sa réquisition, le procureur général demande aux forces de sécurité d’identifier, sur la base de renseignements circonstanciés et de constatations objectives, les lieux utilisés pour préparer, commettre ou dissimuler des infractions.
Les opérations ciblent notamment les zones et abris criminogènes, les bâtiments, terrains et chantiers abandonnés exploités à des fins délictueuses, les lieux de recel ainsi que les points de trafic, de vente ou de consommation illicites de stupéfiants et de substances psychotropes.
Pour faciliter ces opérations, les services de sécurité sont également invités à solliciter l’appui de l’administration territoriale, notamment des conseils communaux et de leurs démembrements, afin de localiser les sites concernés.
Au-delà de l’identification des sites, la réquisition exige des forces de sécurité qu’elles fassent cesser les infractions constatées, procèdent au démantèlement des dispositifs affectés aux activités illicites et au déguerpissement des lieux concernés.
Le document prévoit également l’identification des personnes contre lesquelles existent des éléments individualisés de participation aux faits, en qualité d’auteur, de coauteur ou de complice. Leur interpellation et leur déferrement devant le procureur de la République compétent devront intervenir lorsque les conditions légales sont réunies.
Tout en exigeant une exécution diligente des mesures prescrites, le procureur général insiste sur le recours à une force strictement nécessaire et proportionnée. Les autorités réquisitionnées devront également lui rendre compte des diligences accomplies.
À travers cette réquisition, le parquet général entend mobiliser les forces de sécurité autour d’opérations ciblées contre les lieux associés aux activités criminelles dans la capitale. La mise en œuvre de ces instructions devra toutefois s’effectuer dans le respect des compétences des autorités judiciaires et des garanties prévues par la loi.
Reste désormais à voir l’ampleur des opérations qui seront engagées sur le terrain et leurs effets sur les réseaux criminels et les activités illicites visés par cette réquisition.

AAS




