Le nouveau directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mohamed Bangoura, et son adjoint, Alya Camara, ont officiellement pris fonction ce mardi 20 octobre 2026. À l’occasion de cette passation de service, la délégation syndicale a lancé un appel pressant aux deux responsables, les invitant à privilégier l’unité, la transparence et le dialogue social pour sortir l’institution de ses difficultés.

Le message est sans détour. À peine installés à la tête de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mohamed Bangoura et Alya Camara sont confrontés aux attentes des travailleurs, qui réclament une gestion saine, équitable et fondée sur la collaboration. Au cours de la cérémonie présidée par le président du conseil d’administration, Thierno Mamadou Bah, le représentant syndical, Mohamed Charles Kolié, a rappelé les difficultés auxquelles l’institution a été confrontée ces dernières années.
« Depuis 2021, deux de nos anciens directeurs généraux ont été limogés et conduits en prison », a-t-il déclaré, avant d’appeler les nouveaux dirigeants à faire preuve d’une vigilance constante contre le favoritisme, l’injustice et la complaisance.
Pour le représentant syndical, l’avenir de l’OGP dépendra notamment de la capacité des deux responsables à travailler en parfaite harmonie. Il estime que les divisions au sommet ont, par le passé, contribué à paralyser le fonctionnement de l’entreprise. Il invite ainsi Mohamed Bangoura, présenté comme un expert en communication, et Alya Camara, qui connaît les rouages de l’administration de l’institution, à mettre leurs compétences en commun.
« Soyez un bloc uni, un tandem soudé et sans fissure, car c’est de votre entente que naîtra la prospérité de l’OGP », a-t-il insisté devant les responsables et les travailleurs.
Au-delà de cet appel à l’unité, le syndicat a exposé plusieurs revendications sociales, au premier rang desquelles figure la situation contractuelle de 174 jeunes recrues de la promotion 2022. Selon Mohamed Charles Kolié, ces agents, qui totalisent quatre années de service, attendent toujours la régularisation de leur situation et l’obtention de contrats à durée indéterminée (CDI).

La délégation syndicale réclame également une revalorisation salariale pour les 145 employés permanents en CDI, dont les rémunérations sont jugées insuffisantes face au coût de la vie. Elle demande par ailleurs la correction des disparités salariales et des inégalités de traitement qui alimentent les frustrations au sein du personnel.
À ces revendications s’ajoutent l’octroi de formations et de bourses à l’étranger pour renforcer les compétences des agents, ainsi que l’instauration d’un dialogue social permanent afin de prévenir les conflits internes et de préserver l’image de l’institution.
Malgré les préoccupations exprimées, le représentant des travailleurs a tenu à reconnaître les acquis de la direction sortante, après un an et dix mois de gestion. Il a notamment cité le paiement régulier des salaires, l’apurement des arriérés de 2024, le versement des cotisations à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), l’acquisition d’un immeuble moderne de six étages et le renforcement des moyens logistiques avec deux pick-up et de nouvelles motos.
L’OGP compte, selon les chiffres communiqués par le syndicat, 145 employés permanents en CDI, 174 recrues de la promotion 2022 dont la situation contractuelle reste irrégulière, deux fonctionnaires titulaires détachés et sept agents extras.
En prenant les commandes de cette institution, Mohamed Bangoura et Alya Camara héritent ainsi d’un double défi : consolider les acquis de gestion et répondre aux attentes sociales du personnel, tout en restaurant durablement la stabilité interne.
Pour le syndicat, la réussite de cette nouvelle équipe dépendra de sa capacité à instaurer la confiance, à garantir l’équité et à faire du dialogue social un véritable outil de gouvernance.
AAS




