Le Salon international du livre de jeunesse de Conakry célèbre sa 10e édition autour du thème « Construire ensemble nos futures sociétés de lecture ». Lancé en 2017, dans le contexte de Conakry, capitale mondiale du livre, ce rendez-vous entend renforcer la lecture chez les jeunes, promouvoir les langues nationales et accompagner l’émergence de nouveaux auteurs guinéens.

Lors d’une rencontre avec la presse, Aliou Sow, directeur général des éditions Gandale et délégué général du salon, est revenu sur les motivations à l’origine de sa création. Il a notamment évoqué l’absence, en Guinée et dans plusieurs pays d’Afrique francophone, d’un événement littéraire international consacré spécifiquement aux pratiques de lecture de la jeunesse et à la lecture plaisir.

Pour cette édition anniversaire, les organisateurs prévoient un atelier intitulé « Atelier Simandou sur les stratégies de lecture ».

L’objectif est de réunir les professionnels du livre, les acteurs de la presse et de la culture afin de formuler des recommandations en faveur de l’accès des jeunes aux ouvrages. « Il est temps que nous, les professionnels du livre, les acteurs de la presse et de la promotion du livre et de la culture, nous nous mettions ensemble pour réfléchir », a souligné Aliou Sow, qui souhaite que les propositions issues de ces échanges soient portées auprès des autorités compétentes.

La promotion du bilinguisme et du plurilinguisme constitue l’autre axe majeur de cette édition. Plusieurs ouvrages traduits dans les langues nationales seront présentés, dont L’Esprit du fleuve, disponible en français et en soussou, ainsi que dans une version associant le français, le wolof et le pular. Un autre ouvrage quadrilingue, écrit par une autrice allemande, sera proposé en français, pular, malinké et soussou. Pour Aliou Sow, cette démarche contribue à préserver le patrimoine linguistique et à transmettre les langues nationales aux jeunes générations.

Les établissements scolaires seront également mobilisés à travers des animations, des concours interscolaires de lecture et la distribution de chèques-livres. Une quinzaine de jeunes écrivains guinéens participeront, par ailleurs, à une formation de cinq jours en écriture documentaire pour la jeunesse. Encadrés par une formatrice venue de France, ils travailleront chacun sur un projet de manuscrit. Les éditions Gandale prévoient d’accompagner la publication des textes jugés aboutis. Une attention particulière a été accordée aux candidatures féminines.

Sur le plan international, Dakar est la ville invitée d’honneur. Le Cameroun, représenté par les éditions Akoma Mba en qualité d’invité officiel, ainsi que le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France prennent également part à cette édition.

Partenaire du salon depuis ses premières éditions, l’ambassade de France renouvelle son soutien. Majda Rachiq, représentante du service de coopération et d’action culturelle, a précisé que cet accompagnement concerne notamment la mobilité, la logistique et la communication. Elle a également souligné l’importance de la lecture dans le parcours scolaire et le développement des enfants.

Au-delà du programme de cette édition, Aliou Sow a renouvelé son plaidoyer pour la création d’une Maison de l’écrivain en Guinée. Il voit dans cette infrastructure un moyen d’accompagner les auteurs, de promouvoir la littérature nationale et de renforcer les institutions culturelles. Il estime que ce projet pourrait être inscrit parmi les initiatives soutenues par le programme Simandou 2040.

Dix ans après sa création, le Salon entend ainsi faire de la lecture jeunesse, de la formation des auteurs et de la valorisation des langues nationales des axes durables de la vie culturelle guinéenne.

Mariame Traoré