La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, a présenté ce samedi devant les députés de la 10ᵉ législature le projet de loi de finances rectificative (LFR) pour l’exercice 2026. Cette présentation, au nom du gouvernement, vise à actualiser les prévisions budgétaires de l’État en tenant compte des évolutions économiques, sociales et financières, ainsi que des nouvelles priorités nationales.

Dans son intervention à l’hémicycle du Palais du Peuple, la ministre a d’abord félicité les membres de la nouvelle Assemblée nationale, tout en soulignant l’importance de leur mission dans le fonctionnement des institutions de la République. Elle a notamment rappelé leur rôle dans l’élaboration des lois, le contrôle de l’action gouvernementale et l’évaluation des politiques publiques.
Mariama Ciré Sylla a également réaffirmé la disponibilité de son département et du gouvernement à collaborer avec les députés, notamment à travers le dialogue et le partage des informations nécessaires à l’exercice de leurs prérogatives.
Un budget à adapter aux réalités économiques et sociales
La ministre a expliqué que le projet de loi de finances rectificative répond à la nécessité d’actualiser les prévisions initialement retenues dans la loi de finances 2026. Cette révision doit permettre de tenir compte des changements intervenus depuis l’adoption du budget initial, tout en préservant les équilibres macroéconomiques et en poursuivant les objectifs de développement du pays.
Elle a inscrit cette démarche dans la dynamique de refondation de l’État impulsée par le président de la République, Mamadi Doumbouya, sous la coordination du Premier ministre, chef du gouvernement, Amadou Oury Bah.
Pour la ministre, l’enjeu est de faire en sorte que les ressources publiques contribuent concrètement à l’amélioration des conditions de vie des populations, notamment à travers la construction d’écoles, de centres de santé, le développement des infrastructures et la création d’opportunités pour la jeunesse.
La santé au cœur des priorités budgétaires
Parmi les principales orientations rappelées par Mariama Ciré Sylla figure le renforcement du financement du secteur de la santé. Elle a notamment mis en avant l’inscription, pour la première fois selon son intervention, d’une ligne budgétaire consacrée aux subventions des centres et postes de santé.
Cette mesure accompagne la prise en charge du fonctionnement de 455 centres de santé et de 2 514 postes de santé cartographiés à travers le territoire national.
La loi de finances initiale prévoit également des efforts en faveur des équipements sanitaires, des médicaments et des consommables médicaux, ainsi que la construction de nouvelles infrastructures de santé.
La ministre a aussi évoqué l’opérationnalisation des centres de dialyse, l’équipement des hôpitaux régionaux en mammographes et la mobilisation des contreparties nationales nécessaires à l’approvisionnement régulier en produits pharmaceutiques et en vaccins.
À ces mesures s’ajoute une dotation supplémentaire destinée à la Caisse nationale de prévoyance sociale, afin de renforcer la prise en charge des agents de l’État atteints de maladies de longue durée.
Protection sociale et promotion de l’entrepreneuriat féminin
Au-delà de la santé, le gouvernement entend renforcer les mécanismes de protection sociale et d’accompagnement des personnes vulnérables.
La ministre a évoqué le relèvement des dotations de plusieurs structures intervenant dans les domaines de la culture et de l’action sociale. Elle a notamment cité des dispositifs d’appui social et des initiatives en faveur de l’autonomisation des femmes et de l’entrepreneuriat féminin.
Ces orientations traduisent, selon elle, la volonté de faire du budget un instrument de solidarité nationale, capable de mieux répondre aux besoins des populations les plus fragiles.
Des moyens supplémentaires pour les territoires
La déconcentration des ressources publiques constitue également un axe important des orientations présentées devant les députés.
Mariama Ciré Sylla a rappelé les efforts consentis pour renforcer les capacités de fonctionnement des administrations territoriales. Selon les chiffres avancés dans son discours, les crédits de fonctionnement des sous-préfectures ont augmenté de près de 50 %, tandis que les transferts aux communes ont progressé de 110 %.
L’objectif affiché est de permettre aux services déconcentrés de l’État de disposer des moyens nécessaires à leur fonctionnement et d’assurer une présence plus effective de l’administration dans les préfectures, les sous-préfectures et les communes.
La ministre a également souligné l’importance de l’affectation de crédits de fonctionnement aux services déconcentrés des différents départements ministériels, afin de rapprocher davantage les services publics des citoyens.
L’éducation et les conditions de vie des fonctionnaires
Dans le secteur éducatif et au sein de la fonction publique, la ministre a évoqué les efforts prévus pour améliorer les conditions de vie des agents de l’État, notamment à travers la hausse des primes et indemnités.
Elle a également mis en avant la déconcentration accrue des crédits de fonctionnement destinés aux établissements scolaires, afin de mieux répondre à leurs besoins sur l’ensemble du territoire national.
Ces mesures s’inscrivent dans une approche visant à renforcer le fonctionnement des institutions publiques et à améliorer progressivement la qualité des services rendus aux populations.
Un budget au service des citoyens
En conclusion, Mariama Ciré Sylla a insisté sur la portée sociale et économique des choix budgétaires du gouvernement. Pour elle, le budget ne saurait se limiter à une succession de lignes de dépenses : il doit traduire les engagements de l’État en résultats concrets pour les citoyens.
La présentation du projet de loi de finances rectificative 2026 ouvre ainsi une nouvelle étape dans l’examen parlementaire des ajustements budgétaires proposés par le gouvernement. Les orientations exposées mettent notamment l’accent sur la santé, la protection sociale, l’éducation, le développement territorial et l’amélioration des services publics.
Reste désormais à examiner les dispositions chiffrées du projet de loi et les arbitrages retenus, afin de mesurer précisément les ajustements apportés au budget initial et leurs implications pour les finances publiques guinéennes.
Mariame Traoré




