À l’occasion de la célébration en différé de la Journée mondiale des enseignants, Mohamed Ansa Diawara, porte-parole du ministère chargé de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, ainsi que de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle, a salué l’engagement des enseignants et annoncé le recrutement de 6 000 nouveaux enseignants. De son côté, l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG) a appelé à des mesures concrètes pour améliorer les conditions de vie et de travail du personnel éducatif.

La Guinée a célébré en différé la Journée mondiale des enseignants, initialement célébrée le 5 octobre de chaque année. Cette rencontre a été l’occasion de rendre hommage aux acteurs du système éducatif, mais également de mettre en lumière les défis auxquels le corps enseignant reste confronté.

Placée sous le thème « Pour les enseignants et enseignantes, 60 ans à protéger la profession, améliorer son statut et développer son potentiel », cette célébration a donné lieu à des interventions axées sur la reconnaissance de la profession enseignante, la formation continue et la nécessité d’améliorer les conditions de travail dans le secteur éducatif.

Le ministère salue l’engagement des enseignants

Prenant la parole au nom de la ministre en charge du secteur, Mohamed Ansa Diawara, porte-parole du ministère, a adressé ses remerciements aux enseignants pour leur contribution à la formation des générations présentes et futures.

« Le métier d’enseignant est à la fois noble et sacerdotal. C’est un sacrifice de tous les jours pour les enfants du pays », a-t-il déclaré, saluant les efforts consentis par les professionnels de l’éducation au service de la nation.

Dans son intervention, il a également annoncé que l’État venait de recruter 6 000 nouveaux enseignants. Il a, à cette occasion, sollicité l’accompagnement des enseignants expérimentés pour assurer l’encadrement pédagogique des nouvelles recrues.

Le porte-parole a par ailleurs insisté sur l’importance de la formation continue et de l’adaptation aux évolutions du système éducatif. Selon lui, les enseignants doivent constamment actualiser leurs connaissances afin de répondre aux exigences d’un environnement où les élèves ont désormais accès à une documentation de plus en plus diversifiée. « Ce que nous devons enseigner, nous devons être à la hauteur », a-t-il souligné, appelant les enseignants à se remettre en question au quotidien pour mieux accomplir leur mission.

Pour Mohamed Ansa Diawara, l’éducation demeure un pilier essentiel du développement national. Il a ainsi exhorté les acteurs du secteur à poursuivre leurs efforts afin de contribuer à la construction d’une Guinée instruite et épanouie.

L’USTG interpelle les autorités sur les conditions des enseignants

De son côté, Abdoulaye Camara, secrétaire général de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), a rendu hommage aux enseignants, qu’il considère comme des acteurs incontournables du développement socio-économique du pays.

Tout en saluant leur dévouement, il a rappelé que la vocation enseignante ne saurait, à elle seule, compenser les difficultés matérielles et sociales auxquelles de nombreux professionnels sont confrontés.

Le responsable syndical a notamment évoqué la précarité financière, les retards dans la régularisation des situations administratives, l’insuffisance des équipements pédagogiques et la situation des enseignants contractuels en attente de la concrétisation de leurs droits.

Pour l’USTG, la valorisation de la fonction enseignante doit se traduire par des décisions concrètes, au-delà des hommages rendus lors des journées de célébration.

« La valorisation de la fonction enseignante n’est pas une faveur accordée par l’État. C’est un investissement stratégique indispensable pour l’avenir de nos enfants et de notre pays », a-t-il affirmé.

Quatre priorités mises en avant par l’USTG

Face aux difficultés évoquées, Abdoulaye Camara a présenté plusieurs revendications que son organisation souhaite voir prises en compte par les autorités.

Parmi les principales priorités figurent la revalorisation des grilles indiciaires et des primes afin d’améliorer le pouvoir d’achat des enseignants, le renforcement de la prise en charge sanitaire et de la protection sociale des personnels de l’éducation et de leurs familles, ainsi que le développement de la formation continue et qualifiante.

L’USTG réclame également le respect des engagements pris dans le cadre des accords sociaux, considérés comme essentiels pour préserver un climat social apaisé entre les autorités et les organisations syndicales.

Sur la question du dialogue social, le secrétaire général a réaffirmé la disponibilité de son organisation à privilégier la concertation, tout en appelant à des résultats tangibles.

« Le dialogue ne doit pas être un instrument de temporisation. Il doit déboucher sur des actes concrets et mesurables sur le terrain », a-t-il insisté.

Il a, dans la même dynamique, invité les autorités éducatives et le gouvernement à examiner avec attention les revendications transmises par les syndicats.

Entre reconnaissance professionnelle et attentes sociales

Cette célébration en différé de la Journée mondiale des enseignants a ainsi mis en évidence deux préoccupations complémentaires : la nécessité de renforcer les capacités pédagogiques des enseignants et l’urgence d’améliorer leurs conditions de vie et de travail.

Alors que le ministère met en avant le recrutement de nouveaux enseignants et l’importance de leur encadrement, les organisations syndicales insistent sur la revalorisation salariale, la protection sociale et le respect des engagements pris envers le personnel éducatif.

En conclusion, Abdoulaye Camara a appelé les enseignants guinéens à préserver leur unité et leur mobilisation, réaffirmant la volonté de l’USTG de défendre leurs intérêts auprès des instances de décision.

Au-delà de la portée symbolique de cette journée, les interventions rappellent que la qualité de l’enseignement dépend aussi de la reconnaissance du travail des enseignants, de leur formation et des moyens dont ils disposent pour accomplir leur mission.

La question demeure donc celle de la traduction de ces engagements et revendications en mesures concrètes, au bénéfice des enseignants et de l’ensemble du système éducatif guinéen.

Mariame Traoré