Les travaux préparatoires à la création de l’Agence nationale de santé publique (ANSP) ont été lancés ce vendredi à Conakry, sous la présidence de la ministre de la Santé et de l’Hygièduane publique, Khaité Sall. La rencontre a réuni plusieurs acteurs du secteur de la santé ainsi que des partenaires techniques et financiers, dont la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

La future Agence nationale de santé publique ambitionne de regrouper plusieurs fonctions essentielles de santé publique actuellement réparties entre différentes structures. Elle devrait notamment fédérer l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Institut national de santé publique, le Centre de recherche biomédicale, ainsi que certaines directions et programmes du ministère de la Santé.

Selon les autorités sanitaires, cette réforme vise notamment à améliorer la coordination et l’efficacité de l’action publique dans le domaine de la santé, tout en réduisant les chevauchements d’attributions entre les différentes structures.

L’ANSP aura notamment pour missions d’assurer la surveillance épidémiologique intégrée, la gouvernance des données sanitaires, l’alerte précoce et la gestion des urgences, mais aussi la recherche, la formation et la coopération technique.

Présidant la cérémonie de présentation des travaux préparatoires, la ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Khaité Sall, a présenté cette réforme comme l’une des grandes transformations prévues dans le cadre du programme Simandou 2040.

« Nous avons trois grandes réformes dans le programme Simandou 2040 », a-t-elle expliqué. La première concerne donc la création d’une Agence nationale de santé publique. La ministre précise que cette structure doit permettre de fédérer plusieurs fonctions aujourd’hui dispersées.

« C’est la création d’une agence de santé publique qui va fédérer les fonctions essentielles de santé publique qui sont aujourd’hui dispersées entre l’Agence nationale de sécurité sanitaire, l’Institut national de santé publique, le Centre de recherche biomédicale », a déclaré Khaité Sall.

La réforme devrait également intégrer certaines directions et certains programmes du ministère de la Santé, notamment la Direction nationale de lutte contre la maladie. « Mais la réforme est allée même plus loin, à intégrer la direction des programmes aussi, la Direction nationale de lutte contre la maladie, dans l’esprit de la réforme », a-t-elle poursuivi.

La ministre a également annoncé deux autres chantiers majeurs inscrits dans cette dynamique de réforme du système de santé. Il s’agit de la création d’une agence de régulation des produits pharmaceutiques et de la mise en place d’une caisse unique d’assurance maladie universelle.

Cette dernière réforme vise à fédérer plusieurs mécanismes de contribution et de protection sociale aujourd’hui répartis entre différentes structures. « Nous avons la création d’une agence de régulation des produits du pharmaceutique que nous sommes aussi en train de travailler avec les acteurs concernés. Et ensuite l’augmentation totale de la CSU, de la couverture sanitaire universelle à travers la création d’une caisse unique d’assurance maladie universelle », a indiqué la ministre.

Selon Khaité Sall, cette caisse unique devrait regrouper les contributions obligatoires actuellement gérées par plusieurs organismes, notamment la Caisse nationale de sécurité sanitaire, la Caisse nationale de prévoyance sociale, la Caisse nationale de sécurité sociale, ainsi que le Fonds de développement social et de l’indigence. « Cette caisse unique […] va fédérer aujourd’hui tout ce qui est contribution obligatoire au niveau de la Caisse nationale de sécurité sanitaire, la Caisse nationale de prévoyance sociale, la Caisse nationale de sécurité sociale, mais aussi le Fonds de développement social et de l’indigence, en une caisse unique qui sera ancrée au niveau du ministère de la Santé », a-t-elle précisé.

Pour le département de la Santé, ces différentes réformes doivent être mises en œuvre au cours de l’année 2026, retenue comme année de déploiement de plusieurs réformes prévues dans le cadre du programme Simandou 2040.

La création de l’ANSP répondrait ainsi, selon la ministre, à la nécessité d’améliorer l’efficience et l’efficacité du système sanitaire, tout en clarifiant les responsabilités des différentes structures. « La création de l’Agence nationale de santé publique répond vraiment à un besoin aujourd’hui d’efficience et d’efficacité et de réduction de chevauchement d’attributions », a-t-elle souligné.

Khaité Sall estime également que cette réorganisation pourrait permettre de mieux coordonner l’intervention des partenaires techniques et financiers qui accompagnent le secteur de la santé en Guinée.

« Nous voyons [des chevauchements] non seulement dans le fonctionnement normal du ministère et de ses organes, mais aussi dans l’appui des partenaires techniques et financiers au développement par endroits », a-t-elle ajouté.

Les travaux préparatoires lancés à Conakry constituent ainsi une première étape vers la mise en place de cette nouvelle architecture institutionnelle de la santé publique. Le projet est accompagné par plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment la Banque mondiale et l’Organisation mondiale de la Santé.

À travers cette réforme, les autorités entendent renforcer la coordination des fonctions essentielles de santé publique et améliorer la capacité du système sanitaire à anticiper, surveiller et répondre aux urgences sanitaires, tout en inscrivant ces transformations dans les objectifs du programme Simandou 2040, dont la santé et le bien-être constituent le cinquième pilier.

AAS