Le Bloc Libéral (BL) et la Coalition pour la Rupture (CPR) ont animé une conférence de presse conjointe consacrée au contentieux électoral lié au double scrutin législatif et communal du 31 mai 2026. Les deux formations politiques dénoncent de nombreuses irrégularités dans le processus électoral et annoncent avoir saisi la Cour suprême afin d’obtenir, selon elles, le rétablissement de la vérité des urnes.

Prenant la parole, le président d’honneur du Bloc Libéral, Dr Lansana Faya Millimono, a pointé du doigt plusieurs dysfonctionnements logistiques observés le jour du vote. Il a notamment évoqué le retard dans l’acheminement des procès-verbaux dans certaines localités de l’intérieur du pays, estimant que cette situation a affecté la transparence du scrutin.
« Nous avions signalé dès la matinée du scrutin que des documents essentiels manquaient à l’appel. Dans certaines localités, les procès-verbaux ont été acheminés par hélicoptère à 2 heures du matin. Lorsqu’ils arrivent à Zérékoré à cette heure-là, il faut encore les redistribuer vers Beyla, Yomou, Lola ou Macenta. Cela pose un véritable problème de transparence », a-t-il déclaré.
Le leader politique a également dénoncé ce qu’il considère comme des restrictions imposées aux médias concernant la publication des résultats issus des bureaux de vote. Selon lui, les résultats proclamés à l’issue du dépouillement public devraient constituer la référence principale pour l’appréciation du scrutin.
Sur le fond du contentieux, l’avocat du Bloc Libéral, Me Thierno Souleymane Baldé, a affirmé que les chiffres annoncés par la Direction générale des élections (DGE) ne correspondraient pas aux procès-verbaux de centralisation en possession de la coalition.
« D’après les résultats publiés par la DGE, le Bloc Libéral a obtenu 70 688 voix. Pourtant, les procès-verbaux de centralisation que nous avons recueillis font état de 138 496 voix. Cela représente un écart de 67 808 voix », a-t-il soutenu, estimant que cette différence aurait eu une incidence sur le nombre de sièges attribués au parti.
De son côté, Dr Lansana Faya Millimono a évoqué plusieurs anomalies qu’il juge préoccupantes dans certaines circonscriptions. Selon lui, des écarts importants existeraient entre les résultats consignés sur les procès-verbaux de centralisation et ceux rendus publics au niveau national.
Face à ces contestations, le Bloc Libéral et la CPR disent placer leur confiance dans la Cour suprême, qu’ils appellent à examiner l’ensemble des procès-verbaux transmis conformément aux dispositions légales.
« Nous pensons que la Cour suprême est en mesure de faire ressortir la vérité des urnes. La loi prévoit qu’une copie des procès-verbaux lui soit directement transmise. Elle dispose donc des éléments nécessaires pour apprécier les recours introduits », a conclu Dr Lansana Faya Millimono.
En attendant la décision de la haute juridiction, les deux formations politiques maintiennent leurs accusations d’irrégularités et espèrent une révision des résultats qu’elles jugent non conformes aux données issues des procès-verbaux de centralisation.
Tcherno Le Top Diallo




