Et si une partie des déchets qui encombrent les villes guinéennes devenait une ressource pour les agriculteurs ? C’est l’ambition portée par les ministères de l’Assainissement, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures et de l’Agriculture, qui travaillent à la mise en place d’une filière nationale d’engrais organiques issus des déchets.

Une séance de travail s’est tenue à Conakry autour de ce projet d’économie circulaire. L’objectif est de transformer la matière organique issue notamment des déchets ménagers et des marchés en engrais destinés à l’agriculture guinéenne.

L’enjeu est considérable : plus de la moitié des déchets ménagers produits dans les villes est constituée de matière organique, tandis que les marchés représentent à eux seuls 43 % des déchets de Conakry.

Le dispositif envisagé repose sur la mise en place de normes de qualité et d’un système d’homologation, la création de plateformes de transformation et l’intégration des engrais organiques aux circuits de distribution des intrants agricoles. Le projet prévoit également la création d’emplois verts, notamment pour les jeunes et les femmes.

Au-delà de la réduction des déchets, cette initiative vise à améliorer la fertilité des sols, réduire l’enfouissement des ordures et alléger la facture liée aux importations d’engrais.

Une convention-cadre interministérielle ainsi qu’un comité technique conjoint doivent être mis en place prochainement afin de structurer cette nouvelle filière et de passer de l’ambition à sa mise en œuvre.

Avec cette démarche, la Guinée entend faire de ses déchets une ressource au service de la production agricole et du développement durable.

Sory Binta BAH