Une nouvelle page s’ouvre pour l’industrie minière guinéenne. À Démougala, dans la préfecture de Boffa, les autorités ont donné le coup d’envoi de la construction d’une raffinerie d’alumine portée par le groupe chinois CHINALCO. Un projet présenté comme un maillon essentiel de la stratégie nationale visant à transformer localement les ressources minières et à renforcer la valeur ajoutée créée sur le territoire guinéen.

La cérémonie de lancement des travaux de cette troisième raffinerien à Boffa a réuni plusieurs hauts responsables de l’État, des représentants du secteur minier ainsi que les partenaires chinois impliqués dans le projet. Pour les autorités, cette future usine illustre le changement de cap engagé dans la gouvernance des ressources naturelles, avec une attention particulière accordée à l’industrialisation et au développement de chaînes de valeur locales.

D’un coût estimé à 1,68 milliard de dollars américains, l’infrastructure devrait produire jusqu’à 1,2 million de tonnes d’alumine par an. Elle devient ainsi l’un des plus importants projets industriels actuellement en cours de réalisation dans le pays.

S’exprimant devant les invités, le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a estimé que le lancement des travaux constitue une étape importante dans l’évolution du secteur minier guinéen.

« C’est avec une grande fierté que nous procédons aujourd’hui au lancement des travaux de cette raffinerie qui marque une étape décisive dans la transformation industrielle de notre pays », a-t-il déclaré.

Selon le ministre, l’ambition du gouvernement est désormais de faire de la transformation locale des minerais un pilier du développement économique national. Il a rappelé que cette raffinerie vient renforcer les capacités industrielles du pays et s’inscrit dans une vision plus large visant à développer une véritable industrie de l’aluminium en Guinée.

Au-delà des perspectives de production, les promoteurs mettent en avant les retombées attendues en matière d’emplois et de formation. Le projet prévoit la création de milliers d’emplois directs et indirects, mais également un important volet consacré au développement des compétences à travers des bourses d’études et la mise en place d’un établissement dédié à la formation technique et à l’ingénierie.

Présidant la cérémonie, le ministre directeur de Cabinet de la Présidence de la République, Djiba Diakité, a replacé ce projet dans la dynamique de transformation économique portée par les autorités.

« La Guinée ne veut plus seulement être un grand pays de bauxite. Elle ambitionne de devenir une puissance industrielle africaine capable de transformer ses ressources et de bâtir son développement avec souveraineté », a-t-il affirmé.

Pour les responsables du groupe CHINALCO, ce projet marque également une étape importante dans la coopération économique entre Conakry et Pékin. L’entreprise chinoise entend faire de cette raffinerie son premier grand projet de raffinage d’alumine développé à l’international, tout en misant sur le transfert de compétences et l’intégration progressive de la main-d’œuvre locale.

Avec ce nouvel investissement, la Guinée confirme sa volonté de ne plus se limiter à l’exportation de matières premières brutes. L’objectif affiché est désormais de développer sur place les capacités industrielles nécessaires à la transformation des ressources minières, afin d’accroître les revenus générés par le secteur et d’en faire un moteur plus durable de croissance et d’emploi.

AOD