Le ministre de l’Hydraulique, des Hydrocarbures et de l’Assainissement, Aboubacar Camara, a annoncé la fermeture prochaine de la décharge de Dar es-Salam, qu’il qualifie de « plus grande injustice de l’histoire ». Une décision qui s’inscrit dans le cadre des réformes engagées pour améliorer durablement la gestion des déchets dans le Grand Conakry.

Présente depuis près de quarante ans, la décharge de Dar es-Salam a longtemps constitué le principal site de dépôt des ordures de la capitale. Pour le ministre, cette situation ne peut plus perdurer.

« Comment est-on parvenu à laisser cette décharge pendant 40 ans ? Elle est là, et on s’est accommodé », s’est-il interrogé, dénonçant les conséquences environnementales et sanitaires de cette installation.

Selon lui, les autorités travaillent activement à l’achèvement de la nouvelle décharge de Baritodé, qui devrait permettre de fermer hermétiquement le site de Dar es-Salam dès la fin de la saison des pluies. Toutefois, cette fermeture est conditionnée à la résolution de plusieurs défis logistiques.

Le ministre a notamment souligné les contraintes opérationnelles liées au transport des déchets vers le futur site de Kouria. À titre d’exemple, les communes qui acheminaient leurs ordures à Dar es-Salam devront désormais parcourir une distance beaucoup plus importante, nécessitant un renforcement significatif du parc de camions de collecte.

« Si Kaloum dispose aujourd’hui de trois camions pour desservir Dar es-Salam, il faudra multiplier cette capacité pour assurer le transport jusqu’à Kouria », a-t-il expliqué.

Parallèlement, les autorités ont engagé des mesures pour libérer les espaces autour de la décharge. Les occupants des habitations de fortune installées à proximité ont reçu l’instruction de quitter les lieux afin de faciliter les travaux de réhabilitation du site.

Le ministre a rappelé qu’à la suite de l’éboulement meurtrier survenu en 2019 à Dar es-Salam, plusieurs familles avaient été indemnisées et invitées à se reloger, même si certaines sont restées sur place.

Dans le même élan, le département de l’Assainissement entend renforcer la gestion des marchés à travers l’implication du secteur privé. Des appels d’offres seront prochainement lancés pour confier le nettoyage des marchés à des entreprises spécialisées.

« Les marchés produisent aujourd’hui plus de la moitié des déchets collectés quotidiennement à Conakry. Les commerçants paient des taxes et doivent bénéficier d’un environnement propre et sain », a souligné Aboubacar Camara.

Cette réforme vise à améliorer l’efficacité du système de collecte des déchets tout en réduisant l’implication directe des communes dans la gestion de la salubrité des marchés.

Avec la fermeture annoncée de Dar es-Salam et la mise en service progressive de Baritodé, le gouvernement entend tourner une page importante de l’histoire de l’assainissement à Conakry et répondre à une problématique qui affecte depuis plusieurs décennies la qualité de vie des populations.

AAS