Interpellé sur le retour éventuel des principales figures de l’opposition vivant à l’étranger, notamment Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, le ministre porte-parole du Gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a rejeté l’idée d’un exil politique imposé par les autorités. Il estime que ces responsables sont libres de regagner la Guinée et que les éventuelles procédures judiciaires ne sauraient être assimilées à une interdiction de retour.

S’exprimant ce lundi lors d’une conférence de presse, le ministre des Transports et porte-parole du Gouvernement a été interrogé sur la situation des leaders politiques installés hors du pays, alors que la transition est appelée à s’achever avec l’organisation des élections prévues par les autorités.

Pour Ousmane Gaoual Diallo, rien, dans le dispositif juridique actuel, n’empêche ces personnalités de revenir en Guinée.

« Il y en a qui choisissent d’être des exilés politiques. Est-ce qu’il existe aujourd’hui une disposition qui empêche quelqu’un de rentrer en Guinée ? Non. Je ne crois pas qu’il y ait quelqu’un à qui on ait dit : « Tu ne rentres pas en Guinée ». »

Le porte-parole du Gouvernement a toutefois rappelé que le retour d’un citoyen n’exclut pas l’action de la justice si celle-ci estime nécessaire de l’entendre dans le cadre d’une procédure. « Si tu rentres et que la justice estime qu’on doit te questionner, on va te questionner. Mais cela ne fait pas de toi un exilé, puisque tu n’es pas interdit de séjour. »

Poursuivant son argumentaire, le ministre a insisté sur la différence, selon lui, entre une interdiction de revenir dans son pays et le fait de redouter d’éventuelles poursuites judiciaires. « Il n’y a aujourd’hui aucune disposition qui interdise à tel ou tel de rentrer dans le pays. Ce n’est pas parce que tu penses que tu pourrais être interpellé par la justice que tu peux te déclarer en exil. »

Enfin, Ousmane Gaoual Diallo a invité les responsables politiques à assumer leurs positions devant leurs militants et l’opinion publique. « Quand on défend des opinions politiques, on doit pouvoir les assumer. Derrière vos convictions, il y a des citoyens qui vous suivent et qui croient en vos idées. Cette responsabilité est avant tout individuelle. »

Ces déclarations interviennent dans un contexte où la perspective de la fin de la transition relance le débat sur le retour en Guinée de plusieurs figures de l’opposition vivant à l’étranger, dont Cellou Dalein Diallo et Sidya Touré, régulièrement au cœur des interrogations sur leur avenir politique.

AOD