Après avoir présenté le programme de renouvellement du parc de taxis, le ministre des Transports, Ousmane Gaoual Diallo, a levé le voile sur le mécanisme envisagé pour l’exploitation des 200 autobus que l’État prévoit de mettre en circulation à Conakry. Tirant les leçons des expériences passées, le Gouvernement entend miser sur un nouveau modèle de gestion afin d’assurer la viabilité financière du transport public.

Lors de sa conférence de presse ce lundi, 27 juillet 2026, le ministre a indiqué que ces autobus ne seront pas nécessairement confiés à un seul opérateur. L’objectif est de garantir une desserte plus efficace de la capitale en s’appuyant sur plusieurs gestionnaires, sélectionnés à l’issue d’un appel d’offres.

« Les 200 bus ne seront peut-être pas confiés à une seule entité. On peut les confier à une, deux, trois ou plusieurs entreprises afin que le transport urbain soit régulièrement desservi. »

Ousmane Gaoual Diallo a ensuite expliqué que le nouveau dispositif a été conçu pour éviter les difficultés qui ont conduit à la disparition de plusieurs sociétés publiques de transport.

Selon lui, les anciens modèles reposaient sur des tarifs sociaux imposés par l’État, sans que les compensations financières promises ne soient effectivement versées aux exploitants.

« Dans le passé, les entreprises de transport public se retrouvaient avec des tarifs très bas imposés par l’État. Celui-ci s’engageait à compenser le manque à gagner, mais les décaissements n’arrivaient pas. Les déficits s’accumulaient et les sociétés finissaient par fermer. »

Pour rompre avec cette pratique, le Gouvernement prévoit de mettre en place un mécanisme financier inédit. Les recettes destinées à compenser les obligations de service public seront directement gérées par une institution financière privée, chargée d’effectuer les paiements sans passer par les circuits budgétaires habituels.

« Nous avons mis en place un mécanisme nouveau de collecte des ressources. Elles seront confiées à une banque qui se chargera de couvrir directement le manque à gagner des entreprises, afin qu’elles ne souffrent plus des retards de décaissement. »

Pour le ministre, cette innovation devrait offrir davantage de visibilité aux futurs exploitants et garantir la continuité du service au bénéfice des usagers.

Enfin, Ousmane Gaoual Diallo a précisé que la procédure de sélection des opérateurs est déjà engagée. L’appel d’offres en cours devrait s’achever à la fin du mois d’août, avant la phase de commande des véhicules.

« Entre la clôture de l’appel d’offres, la fabrication des autobus selon les spécifications techniques retenues et leur acheminement en Guinée, il faudra compter jusqu’au début de l’année prochaine pour leur mise en service. »

Avec ce projet, le Gouvernement affiche son ambition de doter Conakry d’un réseau de transport urbain plus moderne, tout en sécurisant son modèle économique afin d’éviter les difficultés qui ont marqué les précédentes expériences de transport public.

AOD