La Guinée entend faire valoir son expérience en matière de production de données démographiques à l’échelle africaine.
À l’occasion du Demographic Future Dialogue 2026, organisé par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, a mis en avant la reconnaissance du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), présenté comme un modèle de référence en matière de recensement sur le continent.
Cette reconnaissance intervient dans un contexte où la Guinée vient de franchir une étape importante dans l’actualisation de ses statistiques démographiques. Les résultats du RGPH-4 font état d’une population résidente de 17 521 167 habitants. Ils révèlent également une population particulièrement jeune, avec près de huit personnes sur dix âgées de moins de 35 ans, un âge moyen d’environ 22 ans et une majorité de femmes. Plus de 60 % des habitants vivent par ailleurs en milieu rural.
Présentant ces données lors du panel de haut niveau consacré aux partenariats pour la résilience démographique, le jeudi 5 novembre à Abidjan, le ministre a souligné l’importance de disposer de statistiques fiables pour orienter les choix publics. Au-delà de la connaissance de la population, le recensement constitue un instrument essentiel pour mieux répartir les investissements, identifier les besoins des territoires et adapter les politiques publiques aux réalités démographiques.
Pour Ismaël Nabé, l’enjeu est également de transformer les caractéristiques de cette population en opportunités de développement. La jeunesse, qui représente une part importante des habitants, appelle des investissements conséquents dans l’éducation, la formation professionnelle, la santé, l’entrepreneuriat et l’emploi. Une orientation que le gouvernement entend inscrire dans la dynamique du programme Simandou 2040.
Le ministre a notamment rappelé que la jeunesse constitue un potentiel qui ne peut produire des résultats sans des choix politiques et économiques appropriés. « Une population jeune ne constitue pas, en soi, un dividende démographique. C’est une promesse. La concrétisation de cette promesse en prospérité dépendra de la qualité de nos décisions, de l’audace de nos investissements et de la solidité de nos partenariats », a-t-il déclaré.
Cette ambition suppose, selon lui, une mobilisation renforcée des partenaires au développement, des institutions financières, du secteur privé et des acteurs de la coopération Sud-Sud. La participation guinéenne à cette rencontre a également été l’occasion de mettre en avant le partenariat avec l’UNFPA, notamment dans les domaines du recensement, de la santé maternelle et reproductive, de l’autonomisation des femmes et du renforcement du système statistique national.
En mettant en avant la reconnaissance du RGPH-4, les autorités guinéennes disposent d’un argument supplémentaire pour valoriser l’expérience nationale en matière de statistiques démographiques. Le défi sera désormais de faire de cette reconnaissance un levier de coopération et, surtout, de traduire les enseignements du recensement en politiques publiques capables d’améliorer concrètement les conditions de vie des populations.
AOD




