Près de huit Guinéens sur dix ont moins de 35 ans, pour un âge moyen estimé à environ 22 ans. Cette réalité démographique représente un potentiel considérable pour le pays, mais sa transformation en richesse économique dépendra des investissements consentis dans le capital humain. C’est le message porté par le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, au Dialogue sur l’avenir démographique 2026, tenu le jeudi 5 novembre à Abidjan.

Présentant les résultats du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), le ministre a insisté sur la place centrale de la jeunesse dans les perspectives de développement de la Guinée. Pour lui, le nombre important de jeunes dans la population ne garantit pas automatiquement une croissance économique plus forte. Encore faut-il créer les conditions permettant à cette génération de contribuer pleinement à la transformation du pays.

Son intervention a notamment mis en avant cinq domaines d’investissement prioritaires : l’éducation, la formation professionnelle, la santé, l’entrepreneuriat et l’emploi. Ces secteurs doivent permettre de renforcer les compétences des jeunes, d’améliorer leur accès aux opportunités économiques et de favoriser leur participation à la création de richesses.

Cette ambition rejoint les orientations du programme Simandou 2040, auquel le ministre a fait référence pour souligner la nécessité de mettre le potentiel humain au centre des politiques de développement.

Ismaël Nabé a résumé cette vision par une formule qui place la responsabilité des décideurs au premier plan : « Une population jeune ne constitue pas, en soi, un dividende démographique. C’est une promesse. La concrétisation de cette promesse en prospérité dépendra de la qualité de nos décisions, de l’audace de nos investissements et de la solidité de nos partenariats. »

Cette intervention a eu lieu lors d’un panel de haut niveau consacré aux partenariats pour la résilience démographique, organisé dans le cadre du Demographic Future Dialogue 2026 par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA).

Pour la Guinée, la question est donc moins de disposer d’une population jeune que de lui offrir les moyens de devenir un véritable moteur de croissance. La qualité des investissements dans les secteurs sociaux et productifs pèsera directement sur la capacité du pays à tirer profit de sa transition démographique.

AOD