Le Front commun contre les pratiques obscures dans le sport guinéen (FCCPOG) a officiellement lancé ses activités ce vendredi 23 octobre 2026, dans la salle de réunion de la Ligue guinéenne de football professionnel (LGFP). À travers cette initiative, la structure entend lutter contre les comportements contraires à l’éthique sportive et promouvoir un environnement fondé sur la transparence, l’équité et le respect des droits des athlètes.

Corruption, favoritisme, harcèlement, violences physiques et morales, discriminations, dopage et manipulation des résultats. Ce sont autant de pratiques que le FCCPOG entend combattre pour contribuer à l’assainissement du milieu sportif guinéen. Lors de la cérémonie de lancement, son coordinateur général, Moussa CFA Camara, a insisté sur la nécessité d’agir face aux comportements qui, selon lui, fragilisent la crédibilité du sport et compromettent les perspectives des jeunes athlètes.
« Face à ces réalités, nous ne pouvons ni rester silencieux, ni nous contenter de simples constats. Il est de notre devoir d’agir, de sensibiliser, de prévenir et de contribuer à la mise en place d’un mécanisme efficace pour protéger les sportifs et assainir notre environnement sportif », a-t-il déclaré.

Pour le coordinateur général, le sport ne doit pas se limiter à la compétition. Il constitue également un instrument d’éducation, de cohésion sociale, de paix et de développement. Il permet aux jeunes de développer leurs talents et de représenter dignement leurs communautés et leur pays. D’où, selon lui, la nécessité de préserver les valeurs de discipline, de solidarité, de respect et de mérite.
Pour atteindre ses objectifs, le FCCPOG prévoit d’axer ses interventions sur la sensibilisation des sportifs, des entraîneurs et des dirigeants aux conséquences des pratiques malsaines, ainsi que sur la promotion de l’éthique dans les clubs, les associations et les fédérations.
La protection des droits et de la dignité des athlètes, particulièrement des jeunes et des personnes vulnérables, figure également parmi ses priorités. La structure entend par ailleurs promouvoir une gestion responsable des organisations sportives et davantage d’équité dans la sélection des équipes nationales, notamment pour les compétitions internationales.
Le FCCPOG souhaite également travailler avec les autorités sportives, les institutions publiques, les organisations de la société civile et les partenaires afin de prévenir les abus et de favoriser l’adoption de bonnes pratiques dans le secteur.
« Notre démarche ne vise pas à condamner les acteurs du sport »
Moussa CFA Camara a tenu à préciser que cette initiative n’a pas pour objectif de fragiliser les institutions sportives ou de condamner les acteurs du milieu. Il présente plutôt sa structure comme un cadre d’écoute, de sensibilisation, de prévention et de proposition.
« Elle vise plutôt à encourager les bonnes pratiques, à dénoncer les comportements contraires à l’éthique dans le respect des procédures et à promouvoir un environnement où la compétence, le mérite et le travail sont de véritables critères de réussite », a-t-il expliqué.
Conscient que cette mission ne sera pas facile, le coordinateur général reconnaît que les pratiques dénoncées ne disparaîtront pas du jour au lendemain. Il estime que leur recul nécessitera du courage, de la persévérance, de l’indépendance d’esprit et, surtout, une volonté collective.
Il a ainsi appelé l’ensemble des acteurs du mouvement sportif, notamment les dirigeants, les entraîneurs, les arbitres, les athlètes, les parents, les journalistes et les partenaires, à s’impliquer dans cette démarche. Aux jeunes sportifs, il a recommandé de miser sur le travail, la discipline et l’intégrité plutôt que sur des raccourcis susceptibles de compromettre leur avenir.
Aux autorités et aux partenaires, il a sollicité un accompagnement institutionnel, technique et matériel pour permettre à la structure de réaliser ses ambitions.
Avec ce lancement officiel, le FCCPOG affiche sa volonté de contribuer à un sport guinéen plus transparent et plus équitable. L’efficacité de cette initiative dépendra désormais de sa capacité à concrétiser ses engagements, à mobiliser les acteurs concernés et à proposer des réponses adaptées aux pratiques qu’elle entend combattre.
AAS




