Le parquet général près la Cour suprême de Guinée a brisé le silence ce dimanche 18 octobre 2026 sur la procédure pénale engagée contre Algasimou Diallo. Dans un communiqué, il revient sur les principales étapes du dossier, justifie le rejet des recours introduits par la défense et appelle à la poursuite sereine des débats, tout en rappelant que l’intéressé bénéficie de la présomption d’innocence.

L’affaire Algasimou Diallo connaît un nouveau développement. Dans un communiqué rendu public le 18 octobre 2026 à Conakry, le parquet général près la Cour suprême apporte des précisions sur la procédure judiciaire visant l’ancien magistrat, révoqué de ses fonctions avant d’être renvoyé devant la chambre réunie de la haute juridiction.

Selon le document, le bureau de la magistrature, siégeant en formation disciplinaire, a prononcé sa révocation le 20 août 2026 pour des manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat.

Quelques jours plus tard, le 27 août 2026, le bureau de la Cour suprême a autorisé l’engagement de poursuites pénales contre lui, conformément aux dispositions légales en vigueur.

Les poursuites portent sur plusieurs chefs d’infraction, notamment la provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, la discrimination et la participation à une association de malfaiteurs. Ces faits sont visés par les articles 963, 313, 784 et 785 du Code pénal, selon le communiqué.

À l’issue de l’information judiciaire, le magistrat instructeur a rendu, le 3 septembre 2026, une ordonnance de renvoi d’Algasimou Diallo devant la chambre réunie de la Cour suprême.

Deux recours rejetés, les avocats suspendent leur participation

Le dossier a connu un tournant le 15 octobre dernier, lorsque les avocats de la défense ont soulevé deux incidents de procédure. Ils ont notamment demandé la récusation de trois magistrats composant la juridiction ainsi que l’annulation de l’ordonnance de renvoi.

Après des débats contradictoires, la chambre réunie de la Cour suprême a rejeté les deux demandes, les jugeant non fondées. À la suite de cette décision, les avocats de l’accusé ont annoncé la suspension de leur participation au procès jusqu’à nouvel ordre.

Face à cette situation, le parquet général affirme que la procédure a été conduite dans le respect des textes en vigueur et des droits de la défense. Il souligne que les décisions relatives aux incidents ont été prises par la juridiction compétente à l’issue de débats contradictoires.

Le ministère public précise également que la suspension de la participation des avocats relève du libre choix de la défense, tout en se disant disponible pour toute démarche utile auprès des conseils de l’accusé afin de favoriser une reprise sereine des débats.

La présomption d’innocence rappelée

Malgré la révocation disciplinaire et les poursuites pénales engagées, le parquet général rappelle qu’Algasimou Diallo bénéficie de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une décision définitive soit rendue conformément à la législation en vigueur.

Il insiste par ailleurs sur l’importance d’une justice rendue dans un délai raisonnable, estimant que cette exigence profite à toutes les parties, y compris à l’accusé.

En conclusion, le parquet général réaffirme son attachement à l’indépendance de la justice, à l’égalité de tous devant la loi et à la tenue d’un procès équitable.

AAS