Le collectif des avocats d’Algassimou Diallo maintient son retrait de la procédure devant la Cour suprême et pose deux conditions à son retour. Dans un communiqué publié le 19 octobre 2026, la défense réclame une nouvelle composition de la formation de jugement, sans magistrats ayant participé à la décision autorisant les poursuites, ainsi que l’absence du ministère public lors du délibéré. Elle conteste la régularité de la procédure engagée contre l’ancien procureur du tribunal de première instance de Dixinn.

Cette réaction fait suite au communiqué du Parquet général près la Cour suprême, rendu public le 18 octobre. Les avocats rejettent la présentation de leur retrait comme un « libre choix » et affirment qu’il résulte, selon eux, des irrégularités qui ont marqué le dossier depuis les premières mesures prises contre leur client.

« Notre retrait n’est pas une manœuvre : c’est le seul moyen qui nous reste de refuser de cautionner, par notre présence, l’apparence d’un débat », écrivent-ils. Le collectif estime que les conditions d’un procès équitable ne sont pas réunies et demande que l’affaire soit examinée par des magistrats n’ayant pris aucune part à l’autorisation des poursuites.

Les avocats soulèvent également une question concernant le délibéré ayant conduit au rejet, le 15 octobre, de leur demande de récusation et de leur demande d’annulation de l’ordonnance de renvoi. Selon eux, les mentions de l’arrêt indiquent que le procureur général a participé au délibéré. Ils rappellent que le ministère public est partie au procès et soutiennent que sa présence à cette étape serait incompatible avec les règles judiciaires.

Le collectif réclame la publication de l’arrêt afin que son contenu puisse être confronté à la copie qui lui a été notifiée. Il affirme être prêt à reprendre sa place dès que ses exigences seront satisfaites.

La défense prévient enfin qu’elle se réserve le droit d’utiliser les voies de recours disponibles au niveau national et de saisir toute instance internationale compétente. Algassimou Diallo demeure présumé innocent.

AOD