Les tensions au sein du mouvement syndical de l’éducation continuent d’alimenter le débat. Réunis mardi 4 août au siège du Syndicat national de l’éducation (SNE), à Matoto Kondéboudji, les responsables de la Fédération Syndicale Professionnelle de l’Éducation (FSPE), du SNE et du Syndicat National de l’Enseignement Franco-Arabe de Guinée (SNEFAG) ont exprimé leur mécontentement après leur absence à la première rencontre de prise de contact entre la ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Bintou Keita, et certaines organisations syndicales.

Tenue de 15 h à 17 h sous la présidence du secrétaire général par intérim de la FSPE, Alpha Gassim Barry, et modérée par Abou Presse Camara, premier secrétaire général adjoint du SNE chargé des affaires internes, la rencontre avait un seul point inscrit à son ordre du jour : l’analyse de cette réunion ministérielle et de ses implications sur le dialogue social dans le secteur de l’éducation.
Prenant la parole, Alpha Gassim Barry a dénoncé ce qu’il qualifie de manœuvres de certains cadres du ministère visant à fragiliser la cohésion de la FSPE. Selon lui, cette situation expliquerait son absence de la rencontre organisée par le département.

De son côté, le général Michel Pépé Balamou a justifié son retrait de cette réunion par le non-respect du principe d’égalité dans la représentativité des organisations syndicales. Il a également regretté les propos qu’il juge discourtois du secrétaire général du MENA-ETFP, Boundou Sylla, estimant que le respect mutuel demeure la base indispensable d’un dialogue social productif.

Le secrétaire général du SNEFAG, Ibrahima Mansaré, a pour sa part indiqué n’avoir reçu aucune invitation. Il a plaidé pour l’intégration de son organisation au sein des instances de l’Intersyndicale de l’Éducation et s’est dit prêt à jouer un rôle de médiateur afin de rapprocher les différentes sensibilités syndicales. Selon lui, cette crise ne fait que ternir l’image du syndicalisme enseignant en Guinée.

Au terme des échanges, les participants ont réaffirmé leur attachement à l’unité d’action entre les organisations syndicales, estimant que seule une démarche concertée permettra de défendre efficacement les intérêts des enseignants.
Les trois organisations ont également décidé d’adresser une demande officielle d’audience à la ministre Bintou Keita afin d’engager des discussions « franches, constructives et directes », avec pour objectif de faire du dialogue social un véritable outil de gouvernance et de stabilité dans les relations de travail.
Tout en réaffirmant leur disponibilité à collaborer avec le ministère pour améliorer la qualité des enseignements et des apprentissages, la FSPE, le SNE et le SNEFAG ont invité la ministre à maintenir une position d’équité vis-à-vis de toutes les organisations syndicales, afin d’éviter les erreurs reprochées à ses prédécesseurs.
Enfin, les trois syndicats ont lancé un appel à l’ensemble des acteurs du mouvement syndical à privilégier la retenue, le rassemblement et l’unité autour d’un objectif commun : la défense des intérêts matériels et moraux des enseignantes et enseignants de Guinée. « Ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise », ont-ils conclu.
AAS




