Le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique a procédé, ce mercredi 22 juillet 2026, au lancement officiel des outils de communication et de plaidoyer « Genre et Vaccination », sous le slogan « La vaccination pour tous, l’équité pour chacun ». Cette initiative vise à renforcer l’intégration de la dimension genre dans les actions de vaccination afin de réduire les inégalités d’accès aux services de santé en Guinée.

La cérémonie a réuni les autorités sanitaires, les partenaires techniques et financiers, notamment l’UNICEF, les représentants des collectivités locales, les organisations de la société civile, les médias, les leaders religieux et communautaires ainsi que les acteurs du Programme élargi de vaccination (PEV). Selon le ministère, malgré les progrès enregistrés dans la couverture vaccinale, de nombreux obstacles liés au genre, aux normes socioculturelles, à la désinformation et à l’accès à l’information continuent d’empêcher certaines populations, notamment les femmes et les enfants, de bénéficier pleinement des services de vaccination.

Pour y répondre, plusieurs outils de communication ont été élaborés, notamment trois mini-capsules vidéo thématiques, dix microcapsules destinées aux réseaux sociaux, des brochures, des affiches de sensibilisation, un kit digital communautaire destiné aux champions communautaires, aux parrains, marraines et points focaux genre, ainsi que divers supports numériques.

Dans son allocution de bienvenue, Jeanne Loua, cheffe du Service Genre et Équité au ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, a rappelé que ces outils sont l’aboutissement d’un processus engagé à la suite d’une étude sur l’intégration du genre dans la vaccination en Guinée. « Tout est parti d’une étude sur l’intégration de la dimension genre dans la vaccination en Guinée. Cette analyse a permis de mieux comprendre les inégalités et les barrières qui limitent encore l’accès de certaines populations aux services de vaccination », a-t-elle expliqué.

Elle a précisé que les recommandations issues de cette étude ont conduit à l’élaboration d’un Plan d’action Genre et Vaccination, avant le développement de ces nouveaux outils en collaboration avec le Programme élargi de vaccination, le Service national de promotion de la santé, la Direction nationale de la santé communautaire et de la médecine traditionnelle, avec l’appui de plusieurs partenaires.

Pour Jeanne Loua, ces supports ne constituent pas une finalité mais des instruments destinés à mieux informer les populations, lutter contre les rumeurs et la désinformation, renforcer le plaidoyer et soutenir les efforts de mobilisation sociale en faveur de la vaccination.

Présidant la cérémonie, le secrétaire général du ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Mory Keïta, a insisté sur les obstacles auxquels les femmes restent confrontées dans l’accès à la vaccination de leurs enfants.

Illustrant son propos par le quotidien d’une mère de famille, il a souligné que celle-ci demeure souvent freinée par les fausses informations, le manque d’informations fiables, la charge des tâches domestiques ou encore l’absence de pouvoir décisionnel au sein du foyer. « La vaccination d’un enfant n’est pas une affaire de femme, c’est un devoir parental et une décision partagée », a-t-il déclaré.

Le secrétaire général a également rappelé que les vaccins sont gratuits et disponibles sur l’ensemble du territoire national, tout en estimant que la disponibilité des services ne suffit pas si les populations les plus vulnérables ne peuvent y accéder ou n’en comprennent pas l’importance.

S’adressant aux différents acteurs, il a lancé un appel à l’appropriation des nouveaux supports. « Ne laissez pas ces outils dormir dans les cartons », a-t-il exhorté, invitant les médias à combattre la désinformation, les autorités locales à porter les messages de sensibilisation et les leaders communautaires à accompagner les familles dans la promotion de la vaccination.

Au nom des bénéficiaires, Adama Djihada Sylla, présidente fondatrice de l’ONG Femmes EP en Guinée, chargée de communication au Conseil national des femmes et filles de Guinée et marraine communautaire de Dubréka dans le cadre du projet, s’est réjouie de la mise à disposition de ces outils.

Elle a indiqué qu’ils permettront d’intensifier les campagnes de sensibilisation de proximité, notamment à travers le porte-à-porte. « Nous recevons ces outils avec honneur. C’est pour encore mieux nous outiller sur le terrain afin de mener des sensibilisations de porte-à-porte et faire en sorte que chaque personne s’implique dans la vaccination, surtout les hommes », a-t-elle affirmé. Selon elle, l’implication des pères demeure essentielle au respect du calendrier vaccinal des enfants.

À travers ce lancement, le ministère de la Santé entend créer une dynamique nationale autour de la communication sensible au genre, avec l’ambition de faire des acteurs communautaires, des médias, des leaders religieux et des organisations de la société civile des relais permanents de sensibilisation. L’objectif est de favoriser une vaccination plus inclusive, plus équitable et accessible à toutes les populations, conformément au slogan de la campagne : « La vaccination pour tous, l’équité pour chacun. »

Tcherno le Top Diallo