À l’occasion du 69ᵉ Sommet ordinaire de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), qui se tient à Freetown en Sierra Leone, la société civile guinéenne, à travers un mémorandum de plaidoyer, interpelle les chefs d’État et de gouvernement de l’organisation sous-régionale sur la situation des droits humains en Guinée.

Le document, signé par Alseny Farinta Camara, défenseur des droits humains et coordonnateur national de Tournons La Page Guinée (TLP Guinée), est adressé au président en exercice de la CEDEAO, Julius Maada Bio. Son objet est sans équivoque : « Épidémie de disparitions forcées en République de Guinée : appel à une action urgente de la CEDEAO pour la protection des droits humains et la stabilité régionale. »
Dans sa note de synthèse, la société civile affirme avoir documenté au moins 35 cas de disparitions forcées en Guinée, touchant notamment des enfants et d’autres personnes vulnérables. Elle déplore l’absence de communication officielle et d’enquête crédible sur ces dossiers, estimant que cette situation alimente un climat de peur et d’impunité.
Le mémorandum souligne également que le contexte actuel contraint plusieurs défenseurs des droits humains, journalistes et citoyens à l’exil, en raison de la répression qu’ils dénoncent.
Face à cette situation, les auteurs du document demandent à la CEDEAO de prendre des mesures urgentes. Ils sollicitent notamment l’envoi d’une mission indépendante d’établissement des faits, l’exigence d’un bilan transparent sur les disparitions forcées et la présentation des personnes détenues devant la justice, ainsi que la mise en place de mécanismes de protection pour les personnes menacées dans l’espace communautaire.
Selon les signataires, ces actions s’inscrivent dans le respect des engagements de la CEDEAO en matière de démocratie, de bonne gouvernance et de protection des droits humains.
À travers ce plaidoyer, la société civile guinéenne espère attirer l’attention des dirigeants ouest-africains sur une situation qu’elle qualifie de préoccupante et obtenir une implication plus forte de l’organisation régionale afin de préserver les droits fondamentaux des citoyens et contribuer à la stabilité de la Guinée et de l’ensemble de la sous-région.
AAS




