Quelques semaines après l’interpellation de deux individus accusés de vol et de recel de câbles électriques destinés pour les travaux d’électrification de la ville de Kankan, le verdict est tombé mercredi 10 juin 2026 au tribunal de première instance de Kankan. Après une journée de débat, le tribunal a décidé de condamner Aboubacar Camara coupable de vol et au paiement d’une amende d’un million de francs guinéens, quand à Elhadj Mamoudou Condé, son présumé complice a lui été renvoyé de fin de la poursuite pour délit de recel non établi à son égard.

Après plusieurs heures de débats dans la salle d’audience du tribunal de première instance de Kankan, la justice a rendu sa décision dans l’affaire du vol présumé de câbles électriques destinés aux travaux d’électrification de la ville.
À l’issue des échanges, le tribunal a reconnu Aboubacar Camara coupable des faits de vol portant sur des câbles électriques en aluminium. Il a été condamné à 18 mois d’emprisonnement ferme assortis d’une amende d’un million de francs guinéens. En revanche, Elhadj Mamoudou Condé, poursuivi pour recel, a bénéficié d’une relaxe, le tribunal estimant que les faits reprochés n’étaient pas suffisamment établis à son encontre.
Avant le verdict, le ministère public avait pourtant requis une peine plus sévère contre le principal accusé. Le procureur près le tribunal de première instance de Kankan, Fodé Bintou Keïta, a expliqué que les débats avaient permis de distinguer les responsabilités des deux mis en cause.
« Lors des discussions et des débats, nous avons compris que les questions de vol sont établies pour nous, l’accusation, mais les questions de recel reprochées initialement à Elhadj Mamoudou Condé ne tenaient pas la route », a-t-il indiqué.
Le magistrat a notamment insisté sur l’absence d’éléments permettant d’établir l’intention frauduleuse dans le chef du second prévenu.
« C’est vrai que le recel est une infraction de conséquence, parce qu’elle provient toujours d’un crime ou d’un délit. Mais nous avions compris que l’élément moral de l’infraction faisait défaut. La personne d’Aboubacar Camara est venue à bord d’un véhicule, habillée dans sa tenue de travail, électricienne de son état, travaillant pour la même société. Elle était donc venue remettre ses câbles électriques au nommé Elhadj Mamoudou Condé, à l’effet pour ce dernier d’en faire une marmite », a détaillé le procureur.
Au regard de ces éléments, le parquet avait demandé au tribunal de retenir les faits de vols aggravés contre Aboubacar Camara.
« Nous avions requis du président du tribunal de condamner Aboubacar Camara pour des faits de vols aggravés sur le fondement pertinent des dispositions de l’article 382 du Code pénal, le condamner à trois ans d’emprisonnement, mais également à 500 000 francs guinéens d’amende », a poursuivi Fodé Bintou Keïta.

Dans son délibéré, le président du tribunal a officiellement acté la relaxe d’Elhadj Mamoudou Condé. « Le tribunal, statuant publiquement, contradictoirement en matière correctionnelle et en premier ressort, après en avoir délibéré sur l’action publique, renvoie Elhadj Mamoudou Condé des fins de la poursuite pour délit de recel non établi à son égard », a-t-il déclaré.

Le juge a ensuite confirmé la culpabilité d’Aboubacar Camara.
« Par contre, déclare Aboubacar Camara coupable de vol portant sur des câbles électriques d’aluminium servant à l’électrification de la ville de Kankan. En répression, le condamne à 18 mois d’emprisonnement et au paiement d’un million de francs guinéens d’amende », a prononcé le président du tribunal.
La juridiction a par ailleurs constaté l’absence de la partie civile à l’audience et mis les frais de procédure à la charge du condamné. Les différentes parties disposent désormais d’un délai de quinze jours pour interjeter appel si elles contestent cette décision de justice.

Koumba Solo Camara