Le président du Bloc Libéral (BL), Faya Lansana Milimono, a vivement contesté le déroulement des élections législatives et communales, dénonçant de nombreuses irrégularités qu’il estime de nature à remettre en cause la crédibilité du scrutin.

S’exprimant devant la presse, l’opposant affirme avoir constaté dès les premières heures du vote des dysfonctionnements liés à la gestion des procès-verbaux, qu’il considère comme des documents essentiels à la transparence électorale.

« Une élection, ça se prépare. Et quand on dit élection, l’un des documents les plus importants d’un scrutin, c’est le document qui enregistre », a-t-il déclaré, expliquant avoir vérifié personnellement dans plusieurs bureaux de vote si tout le matériel nécessaire était disponible.

Selon lui, les représentants de son parti auraient été informés que les procès-verbaux ne leur seraient remis qu’à partir de 16 heures. Une situation qu’il juge suspecte. « Ils se sont dit que si les procès-verbaux sont fournis, on est foutu. Donc ils ont gardé expressément les procès-verbaux pour ne pas que ces élections-là prouvent réellement que le pouvoir actuel est illégitime », a-t-il accusé.

Faya Milimono a également cité le cas de la préfecture de Yomou, où il affirme que le dépouillement aurait été interrompu après l’observation de résultats favorables au Bloc Libéral dans une commune. Selon ses explications, le préfet aurait ordonné l’arrêt du dépouillement dans l’ensemble de la préfecture avant le transfert des urnes vers un centre unique.

« Quand ils ont vu les résultats, le préfet a ordonné qu’on arrête immédiatement le dépouillement sur tout le territoire de la préfecture de Yomou et que toutes les urnes soient amenées au centre », a-t-il soutenu.

Le leader politique affirme également que les urnes auraient ensuite été placées dans une maison sous surveillance militaire, empêchant tout accès aux représentants de son parti. Il dit avoir contacté le directeur préfectoral chargé des questions électorales qui lui aurait confirmé se trouver à l’intérieur du site sans la présence des représentants des candidats.

Estimant que l’administration publique est aujourd’hui « plus politisée qu’elle ne l’a jamais été », Faya Lansana Milimono annonce que son parti demandera l’annulation du scrutin dans la préfecture de Yomou.

« Nous demanderons l’annulation du vote dans tout Yomou », a-t-il conclu.

À ce stade, les autorités électorales et administratives concernées n’ont pas encore réagi publiquement à ces accusations.