Un nouveau cycle d’évaluation des politiques de développement durable est engagé. Réunis à Conakry, les acteurs publics, partenaires techniques et représentants de la société civile ont pris part à un atelier national marquant le démarrage du processus d’élaboration du troisième Rapport national volontaire (RNV) de la Guinée.

La rencontre, présidée par le ministre du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, Ismaël Nabé, ouvre une phase jugée décisive dans le suivi des engagements du pays au titre des Objectifs de développement durable (ODD).

Dès l’entame, le ministre a tenu à situer l’enjeu de l’exercice. Il a rejeté toute lecture administrative du processus, insistant sur sa portée politique et stratégique : « moment de vérité » et de « redevabilité », a-t-il affirmé.

Le document attendu est présenté comme un outil d’appréciation sans complaisance. Il devra, selon ses termes, servir de « miroir fidèle » de la trajectoire nationale, en mettant en lumière aussi bien les avancées que les insuffisances. Dans la continuité des éditions de 2018 et 2024, ce troisième rapport est appelé à orienter les choix publics et à consolider la crédibilité du pays auprès de ses partenaires.

La Guinée figure parmi les États attendus en juillet 2026 à New York pour présenter ses conclusions lors du Forum politique de haut niveau des Nations Unies. Une échéance qui impose, aux yeux du ministre, une exigence accrue : « Il ne s’agit pas de produire un rapport de plus, mais bien d’élaborer un document de référence, crédible et véritablement utile », a-t-il martelé.

Au cœur des perspectives évoquées, le programme Simandou 2040 est identifié comme un levier structurant pour l’atteinte des ODD. Porté sous l’autorité du président Mamadi Doumbouya, et coordonné par le Premier ministre Amadou Oury Bah, ce programme articule réformes et investissements autour d’une transformation économique à long terme. L’ambition affichée est de faire des ressources naturelles un moteur de croissance inclusive, en cohérence avec l’Agenda 2030.

Dans cette optique, les autorités insistent sur la méthode. Le processus devra associer un large éventail d’acteurs, s’appuyer sur des données fiables et déboucher sur des actions concrètes en faveur des populations, notamment dans les zones rurales.

Sur la question du financement, le système des Nations Unies en Guinée appelle à un renforcement des mécanismes existants. Son coordinateur résident, Diego Zorrilla Orsat, a évoqué l’élaboration en cours d’une stratégie dédiée aux territoires ruraux. « Dans cette dynamique, une stratégie nationale de financement des zones rurales est en cours d’élaboration. Elle vise à déterminer comment les ressources internationales et nationales peuvent être davantage mobilisées et utilisées efficacement pour servir l’agenda de développement, allant bien au-delà des efforts déjà consentis », a-t-il indiqué.

L’atelier de Conakry marque ainsi le point de départ d’un calendrier contraint. Les autorités disposent de quelques mois pour produire un rapport attendu à la fois comme instrument d’évaluation et comme levier d’orientation des politiques publiques, dans un contexte de transformation économique en cours.

AOD