La scène littéraire guinéenne franchit une étape avec la remise officielle des récompenses du Grand Prix littéraire du Président de la République. La cérémonie, organisée à Conakry par le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, à travers la Direction générale des Centres de lecture publique et d’animation culturelle (CELPAC), a réuni responsables institutionnels et professionnels du livre autour des lauréats.
Placée sous la présidence d’honneur du ministre Moussa Moïse Sylla, la rencontre a également enregistré la présence du chef de cabinet Baba Thiam ainsi que de représentants d’écrivains, d’éditeurs et de libraires.
Prenant la parole en ouverture, le chef de cabinet a rappelé la portée de cette remise, présentée comme la traduction concrète d’un engagement pris au sommet de l’État à la suite de la cérémonie officielle du 23 avril dernier. Il a insisté sur l’orientation donnée par les autorités, qui placent désormais le livre au rang des priorités nationales.
Même tonalité du côté de la Direction générale des CELPAC. Son responsable a mis en avant l’aboutissement d’un projet longtemps attendu, soulignant l’implication du département dans sa concrétisation. Il a également annoncé la tenue prochaine du Prix des lycéens, prévue le 8 mai, dans l’objectif de stimuler l’intérêt pour la lecture chez les jeunes publics.
Au fil des interventions, les acteurs de la chaîne du livre ont salué une initiative perçue comme un signal fort. Le président de l’Association des écrivains de Guinée a, pour sa part, appelé à un renforcement de l’accompagnement du secteur, notamment sur les moyens de fonctionnement et la reconnaissance institutionnelle. Les éditeurs ont abondé dans le même sens, estimant que cette distinction constitue un levier de visibilité pour les œuvres, tout en plaidant pour un engagement accru des institutions dans l’acquisition des productions nationales.
Du côté des récipiendaires, les prises de parole ont été marquées par un appel à inscrire cette dynamique dans la durée. Lauréat du Grand Prix, Lamine Kapi Camara a insisté sur la nécessité de consolider l’initiative. Classé deuxième, Raymond Baman Camara a salué une distinction qui renforce la place de l’écrivain dans la société. Troisième du classement, Yamoussa Sidibé a, de son côté, mis en avant le rôle de la littérature comme vecteur de transmission et de mémoire, appelant à un relèvement des ressources allouées à la culture.
En conclusion, le ministre Moussa Moïse Sylla a inscrit cette initiative dans une orientation politique plus large. Il a rappelé que le Grand Prix littéraire s’intègre dans une stratégie visant à faire de la culture un moteur de développement, en lien avec la vision Simandou 2040, centrée notamment sur le capital humain. Évoquant la richesse du patrimoine littéraire national, il a souligné l’importance d’un cadre structuré pour en assurer la reconnaissance et la valorisation.
Au-delà de la dimension symbolique, cette remise officialise l’installation durable du Grand Prix littéraire dans le calendrier culturel guinéen. Une évolution qui ouvre des perspectives nouvelles pour les auteurs et contribue à repositionner la littérature au cœur des politiques publiques.
AOD




