À Bakou, la Guinée a porté un discours résolument tourné vers l’action lors de la session ministérielle organisée en marge du Forum urbain mondial (WUF13). Représentant le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, le ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Lamine Sy Savané, a défendu la vision guinéenne face aux décideurs africains et aux partenaires internationaux mobilisés autour des défis urbains du continent.
La rencontre a réuni plusieurs ministres africains, des responsables d’ONU-Habitat, de la Commission de l’Union africaine, de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique ainsi que des partenaires techniques et financiers. Au centre des échanges : la nécessité de transformer les engagements politiques en réalisations concrètes pour répondre à l’urbanisation accélérée du continent.
Prenant la parole devant les participants, le ministre guinéen a rappelé que la croissance rapide des villes africaines impose désormais des réponses structurelles et durables. Il a notamment exposé les défis auxquels la Guinée est confrontée, entre pression foncière, déficit de logements, prolifération des quartiers informels et vulnérabilités liées au changement climatique.
« Chez nous, l’urbanisation progresse rapidement avec son lot de défis notamment la pression foncière, la croissance des établissements informels, le déficit en logements, les vulnérabilités climatiques et besoins massifs en infrastructures. Mais nous avons fait le choix clair de transformer ces défis en leviers de développement structurel, dans le cadre de notre vision nationale Simandou 2040 », a déclaré Mohamed Lamine Sy Savané.
Dans cette dynamique, la Guinée a présenté plusieurs priorités stratégiques visant à accélérer la transformation urbaine du pays. Parmi elles figurent la modernisation de la gouvernance foncière, la digitalisation du système cadastral, la simplification des procédures administratives, le renforcement de la politique nationale du logement ainsi que l’implication accrue du secteur privé dans le financement des infrastructures urbaines.
La question du financement a d’ailleurs dominé une large partie des discussions. De nombreuses délégations africaines ont reconnu que le manque de ressources demeure l’un des principaux obstacles à la modernisation des villes du continent.
Sur ce point, la Guinée a appelé à une mobilisation continentale plus ambitieuse. Le ministre guinéen a insisté sur la nécessité de mettre en place des mécanismes financiers adaptés aux réalités africaines afin de soutenir efficacement les politiques urbaines.
« Sans financement adapté, l’ambition urbaine africaine restera incomplète. L’Afrique n’a pas seulement besoin de discours sur ses villes. Elle a besoin d’investissements conséquents pour la mise en œuvre de ses politiques », a-t-il affirmé devant ses homologues et les représentants des institutions internationales.
Dans la foulée, Mohamed Lamine Sy Savané a plaidé pour un partenariat renforcé entre les États africains, les institutions financières régionales, ONU-Habitat et les investisseurs privés, avec pour objectif de bâtir une véritable architecture africaine du financement urbain.

Les travaux de cette session ministérielle ont également permis d’aborder plusieurs autres enjeux majeurs liés au développement des villes africaines, notamment la gestion des données urbaines, l’intégration des politiques climatiques dans l’aménagement du territoire, le rôle des collectivités locales et le suivi de la Déclaration de Nairobi.
Les participants ont par ailleurs évoqué la nécessité pour les pays africains d’adopter une position commune avant la revue de haut niveau du Nouvel Agenda Urbain prévue en juillet prochain à l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
À travers cette participation remarquée à Bakou, la Guinée entend confirmer sa volonté d’inscrire la transformation urbaine parmi les priorités de son agenda national de développement. Le pays affiche ainsi son ambition de promouvoir des villes plus inclusives, résilientes et durables, en misant sur l’innovation et la coopération africaine.
AOD




