Un drame bouleversant s’est produit ce vendredi 15 mai 2026 au quartier Sogbè, dans la commune urbaine de Kankan. Un homme âgé d’environ cinquante ans, dont l’identité reste inconnue, a perdu la vie après avoir passé près de deux jours dans un état critique, sans véritable prise en charge médicale.
Selon les informations de nos confrères Guinéematin, l’homme avait été aperçu depuis le jeudi sous un manguier, non loin d’un point de vente de bois. Très affaibli et incapable de s’exprimer correctement, il se lamentait sous le regard impuissant des habitants du quartier.
Alerté par des riverains, le chef de quartier adjoint de Sogbè, Moussa Sacko, affirme avoir immédiatement entrepris des démarches pour lui venir en aide. Il s’est d’abord rendu au comité préfectoral de la Croix-Rouge avant d’être orienté vers les autorités communales. Informé de la situation, le président de la délégation spéciale aurait alors sollicité l’intervention d’une ambulance de l’hôpital régional de Kankan.
Mais sur les lieux, les choses ne se seraient pas déroulées comme espéré. D’après les témoignages recueillis, les ambulanciers auraient refusé d’évacuer le malade vers l’hôpital, estimant qu’aucune place n’était disponible pour lui dans la structure sanitaire. Après plusieurs échanges avec les responsables locaux, les agents de santé lui auraient simplement administré un sérum sur place avant de repartir, laissant un agent à ses côtés durant un moment.
Ce vendredi matin encore, l’homme se trouvait toujours sous le même manguier, dans un état visiblement préoccupant. C’est finalement après la grande prière que les habitants ont appris son décès, provoquant émotion et indignation dans le quartier.
Très affecté par la situation, Moussa Sacko déplore un manque de réactivité face aux cas d’urgence impliquant des personnes démunies ou sans identité connue.
« Lorsqu’une personne est retrouvée dans un état pareil, tout doit être mis en œuvre pour l’évacuer rapidement vers un centre de soins. Mourir dans de telles conditions est difficile à accepter », a-t-il regretté.
Le corps de la victime restait encore sur place au moment où nous quittions les lieux, en attendant l’intervention des autorités compétentes.
Cette tragédie relance une nouvelle fois les débats autour de la prise en charge des personnes vulnérables et du fonctionnement des services d’urgence sanitaire en Guinée.
AAS




