À deux jours de son grand spectacle intitulé « Survivant », prévu le 16 mai 2026 au Palais du Peuple de Conakry, l’humoriste guinéen Rigel Gandhi, de son vrai nom Macky Diallo, a animé une conférence de presse ce jeudi 14 mai 2026 dans la capitale guinéenne.

Lauréat du Prix RFI Talents du Rire 2025, l’artiste a profité de cette rencontre avec les médias pour dévoiler l’esprit de ce spectacle qu’il présente comme un cri du cœur en faveur des acteurs culturels guinéens confrontés à de nombreuses difficultés.

« Ce spectacle, c’est vraiment un couronnement de beaucoup de choses qu’on avait commencées depuis très longtemps », a déclaré l’humoriste avec émotion sur les débuts du collectif Drôle de Bazar au Petit Musée de Conakry.

Selon lui, les premières aventures artistiques se sont construites dans des conditions extrêmement précaires. « On s’est cotisés 150 000, 100 000 francs pour acheter des sauts de peinture. Nous-mêmes, on a repeint les coulisses, nettoyé la salle et organisé un spectacle sous la pluie », a-t-il raconté, saluant l’engagement de ses collaborateurs de la première heure.

À travers « Survivant », Rigel Gandhi entend mettre en lumière les réalités difficiles du milieu artistique guinéen.

« Les artistes sont livrés à eux-mêmes. Nous organisons un spectacle au Palais du Peuple sans sponsor, sans soutien institutionnel. Vous comprenez à quel point il faut être survivant pour exister dans ce milieu », a-t-il dénoncé devant les journalistes.

L’humoriste estime que la culture guinéenne souffre d’un manque d’organisation et de protection sociale pour les artistes. Il a notamment évoqué le cas de plusieurs figures emblématiques de la culture nationale qui, selon lui, ont terminé leur carrière dans des conditions difficiles.

 

« On a vu des légendes faire des SOS pour se soigner ou avoir un toit. C’est dramatique. Quand les artistes meurent, tout le monde vient avec de grosses voitures et de grandes cérémonies, mais de leur vivant, il n’y a aucune reconnaissance », a-t-il regretté.

Au-delà de l’humour, « Survivant » se veut aussi un message de sensibilisation adressé aux autorités et aux acteurs du secteur culturel.

« On ne demande pas de pitié. On demande que nos droits soient respectés. Il faut organiser l’industrie culturelle pour que les artistes puissent vivre dignement de leur art », a insisté Rigel Gandhi.

 

Dans cette conférence, l’humoriste est aussi revenu sur son parcours international marqué par l’obtention du Prix RFI Talents du Rire 2025. Une distinction qu’il considère comme une victoire collective pour l’humour guinéen.

« Quand j’ai entendu : “le lauréat est de Guinée”, je n’ai même pas écouté la suite. Après, j’ai vu tous les médias se mobiliser. C’est là que tu comprends que la Guinée a besoin de reconnaissance internationale », a-t-il expliqué.

Il a également évoqué ses problèmes de santé liés à la drépanocytose, affirmant avoir conçu certains spectacles sous traitements médicaux lourds. « On travaillait sous tramadol, morphine et autres médicaments très forts, mais il fallait le faire », a-t-il confié.

Présent à cette conférence, le directeur artistique Chico Pasteur a rassuré le public sur la qualité du spectacle annoncé.

« Nous sommes prêts et tous ceux qui viendront au Palais du Peuple repartiront avec de la joie au cœur », a-t-il promis.

Même son de cloche du côté de l’entrepreneur Ibrahim “le vrai africain”, représentant de l’Agence Z, partenaire du spectacle. Il a salué la dimension humaine et inspirante de Rigel Gandhi.

« Rigel Gandhi incarne une idéologie. Ce qu’il fait dépasse l’humour », a-t-il déclaré.

Le spectacle « Survivant » est attendu ce samedi 16 mai 2026 au Palais du Peuple de Conakry, dans un contexte où l’humour guinéen cherche de plus en plus à se faire une place sur les grandes scènes africaines et internationales.