Ce samedi, Abdoulaye Yero Baldé, figure de proue du Front Démographique de Guinée (FRONDEG), a fustigé les dérives du processus électoral lors d’une sortie médiatique musclée. Entre accusations de manœuvres frauduleuses et entorses systématiques aux textes légaux, le parti conditionne désormais son maintien dans la course à un retour immédiat à l’orthodoxie républicaine.

Le ton était délibérément combatif. Face aux journalistes, Abdoulaye Yero Baldé a dressé un réquisitoire implacable contre l’organisation des prochaines législatives et communales. Pour lui, les anomalies constatées ne relèvent pas du simple aléa technique, mais d’une stratégie d’éviction délibérée « Les faits que nous avons documentés révèlent des dysfonctionnements structurels profonds, aux antipodes des impératifs d’un scrutin intègre et transparent. On ne saurait réduire ces pratiques à des bévues administratives ; elles sapent les fondements mêmes de la compétition électorale. »

Le cœur de la colère du FRONDEG réside dans l’éviction de ses listes au niveau communal. Le leader dénonce une opacité totale et un mépris flagrant des procédures de notification « Selon l’article 242 du Code électoral, tout rejet doit être étayé par une motivation claire et signifié sous dix jours. Or, nous sommes face à un vide sidéral : aucune explication, aucune notification officielle. Pire, nous avons la preuve que certains organes électoraux tentent de couvrir cette vacuité par la production de documents antidatés. C’est une tentative grossière de légitimer une procédure déjà viciée, au mépris de la sécurité juridique la plus élémentaire. »

Outre ces barrières procédurales, Abdoulaye Yero Baldé a pointé du doigt un « verrouillage financier » orchestré de manière unilatérale. Il fustige l’absence de concertation dans la fixation des cautions, mais surtout le refus systématique des comptables publics d’encaisser les fonds du parti dans plusieurs localités. « En opposant un refus catégorique à nos mandataires pour de prétendus délais forclos, l’administration brise le principe d’égalité entre les candidats et prive notre formation d’un droit de régularisation pourtant garanti par la loi », a-t-il souligné.

L’analyse du FRONDEG s’est également portée sur l’éthique des candidatures adverses, notamment celle du Président du Conseil National de la Transition (CNT). Invoquant l’article 157 du Code électoral, M. Baldé a rappelé que l’exercice de hautes fonctions législatives durant la transition constitue une incompatibilité majeure « Le président du CNT incarne l’autorité législative par intérim. Valider sa candidature, c’est acter une rupture d’égalité flagrante et jeter le discrédit sur l’impartialité de l’arbitre électoral. La loi doit être le même bouclier pour tous, sans exception. »

L’ultimatum est désormais posé. Pour le FRONDEG, si les autorités ne rectifient pas le tir dans les plus brefs délais, la rupture sera consommée. « La probabilité de notre retrait est, mathématiquement parlant, proche de 1. Nous ne servirons pas de caution à une parodie de démocratie. Sur quel socle moral peut-on bâtir un État si les règles qui le régissent sont piétinées par ceux-là mêmes qui doivent les faire respecter ? » s’est interrogé le président du parti. Tout en appelant ses troupes à la retenue, Abdoulaye Yero Baldé prévient que le FRONDEG déploiera tout son arsenal stratégique et juridique pour restaurer la souveraineté des urnes.

Thierno Amadou Diallo