L’enseignement secondaire guinéen entre dans une nouvelle phase de transformation. À travers l’Institut National de Recherche et d’Action Pédagogique (INRAP), le ministère de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation a officiellement lancé, ce vendredi, le processus de révision du programme d’enseignement secondaire. Une initiative majeure qui vise à adapter les contenus éducatifs aux réalités actuelles et aux exigences du monde moderne.


La cérémonie, tenue au siège de l’INRAP, a mobilisé l’ensemble des acteurs du système éducatif, témoignant de l’importance stratégique accordée à cette réforme. Pour les autorités, il s’agit de franchir un cap décisif après les avancées enregistrées dans le cycle élémentaire.
Prenant la parole, le Directeur général de l’INRAP, Malick Bah, est revenu sur les acquis engrangés depuis la validation du Cadre d’Orientation Curriculaire (COC) en 2023. Il a notamment souligné la finalisation des programmes de l’enseignement élémentaire, accompagnée de la conception et de la distribution de manuels scolaires conformes aux nouveaux contenus. « Nous avons conçu des manuels de base et des cahiers d’activités permettant aux élèves de mieux construire leurs apprentissages, aussi bien à l’école qu’à la maison », a-t-il expliqué, saluant l’implication des experts nationaux et des partenaires techniques, notamment le Bureau international de l’éducation de l’UNESCO.

Sur le plan des innovations pédagogiques, plusieurs initiatives ont été mises en œuvre. Parmi elles, l’introduction de l’éducation numérique à travers la plateforme Learning Passport, développée avec l’appui de l’UNICEF et expérimentée dans des écoles pilotes. À cela s’ajoute le programme GIGA, qui ambitionne de connecter plus de 2 000 écoles à des contenus pédagogiques digitalisés.
Autre avancée notable : le programme de préparation à la vie professionnelle, développé avec le soutien de la GIZ. Celui-ci vise à rapprocher l’école du monde du travail, en intégrant des modules liés aux métiers porteurs. Des centaines d’enseignants ont déjà été formés et plusieurs supports pédagogiques déployés dans des écoles pilotes, aussi bien au primaire qu’au secondaire.
Dans la même dynamique, un programme national d’éducation complète à la sexualité a été élaboré avec l’appui de partenaires internationaux, marquant une volonté d’aborder de manière structurée des thématiques essentielles pour les apprenants.
De son côté, le ministre de l’Enseignement pré-universitaire et de l’Alphabétisation, Alpha Bacar Barry, a justifié cette réforme par l’inadéquation des programmes actuels, conçus il y a plus d’une décennie, face aux mutations profondes du monde contemporain.
« Le monde change, les métiers évoluent et les attentes de notre jeunesse se transforment. Nos programmes doivent être en phase avec les réalités nationales et les standards internationaux », a-t-il affirmé.

Pour le ministre, cette révision va bien au-delà d’un simple ajustement technique. Elle constitue « un acte de souveraineté éducative », visant à aligner les contenus de formation sur les besoins du pays et du continent.
Trois principes fondamentaux guideront ce processus : la pertinence des programmes, intégrant les valeurs culturelles tout en s’ouvrant aux sciences et au numérique ; l’équité et l’inclusion, afin de ne laisser aucun apprenant de côté ; et enfin, l’employabilité, avec une passerelle renforcée entre l’école et le monde professionnel.
L’intégration du digital apparaît comme un levier central de cette réforme. Le ministre a insisté sur le potentiel des technologies mobiles pour diffuser les contenus pédagogiques et toucher un large public, dans un contexte où l’accès aux smartphones progresse rapidement.
À terme, les autorités ambitionnent de doter le secondaire de programmes modernes, centrés sur les compétences, accompagnés de dispositifs d’évaluation adaptés et de formations continues pour les enseignants. L’objectif est une mise en œuvre effective dès la rentrée scolaire 2026-2027.
À travers cette réforme, le gouvernement entend refonder le contrat éducatif avec la jeunesse guinéenne et faire de l’école un véritable moteur de développement, en phase avec les défis économiques et sociaux du pays.
AAS




