Avec 13 voix sur les 52 suffrages exprimés à l’élection du président de la Fédération guinéenne de football (FGF), Ibrahima Khalil Kaba (IKK) termine à la troisième place, derrière Mamady Doumbouya, élu avec 21 voix, et Mamadou Antonio Souaré, qui en a recueilli 18. Le verdict des urnes est sans appel.

Mais au-delà du classement, cette première candidature laisse l’image d’un homme qui aura choisi de miser sur un projet de développement, de défendre sa vision et d’aller à la rencontre des acteurs du football guinéen pour tenter de les rallier à sa cause.

À travers CAP 2030, Ibrahima Khalil Kaba a voulu faire de cette élection autre chose qu’une course à la présidence. Sa démarche reposait sur une ambition, celle de proposer une nouvelle orientation au football guinéen, avec un programme qu’il a porté tout au long de la campagne. Il a sillonné le pays, multiplié les échanges avec les acteurs et cherché à convaincre les membres statutaires de la pertinence de son projet. Il ne s’est pas contenté de solliciter des voix. Il a tenté de faire adhérer à une vision.

C’est aussi ce qui donne un relief particulier à sa candidature. Dans une compétition où les alliances et les rapports de force peuvent peser lourd, il a choisi de mettre son programme en avant et d’assumer publiquement ses propositions. Sa participation au débat télévisé organisé par la RTG, alors que les autres candidats invités ne s’y sont pas présentés, a illustré cette volonté de confronter sa vision aux questions des journalistes et au regard du public. Cet épisode ne résume pas sa campagne, mais il témoigne d’une disposition à défendre son projet dans un cadre contradictoire.

La conquête des suffrages s’est toutefois révélée plus difficile que la défense du programme. Au fil de la campagne, des interrogations ont émergé sur le poids des moyens financiers dans les rapports entre candidats et membres statutaires, ainsi que sur les changements de position rapportés chez certains électeurs. Dans un scrutin aussi disputé, ces questions méritent d’être examinées avec sérieux. En l’absence de preuves établissant des achats de voix, il serait hasardeux d’affirmer que des votes ont été obtenus contre de l’argent. Mais l’évocation de telles pratiques rappelle l’exigence de transparence qui doit accompagner toute élection appelée à déterminer l’avenir d’une discipline aussi populaire.

Le score de CAP 2030 ne saurait, à lui seul, effacer le travail accompli par son candidat. Treize voix, c’est le résultat comptable d’un scrutin, pas le résumé de toute une campagne. Derrière ce chiffre, il y a un programme défendu, des déplacements, des rencontres, des arguments présentés et une tentative de convaincre les acteurs du football de faire un autre choix. Pour une première candidature, le parcours d’Ibrahima Khalil Kaba mérite d’être regardé au-delà de la seule place occupée au classement final.

Il serait évidemment excessif de prétendre que son programme a convaincu une majorité que les urnes ne lui ont pas accordée. Mais il serait tout aussi réducteur de considérer que sa démarche n’a de valeur qu’à la condition d’avoir remporté l’élection. La campagne de CAP 2030 a placé le projet de développement au centre de la compétition et posé la question de la place accordée aux propositions dans le choix des dirigeants du football guinéen.

IKK n’a pas gagné cette élection. Il a perdu une bataille électorale, mais le travail engagé autour de son projet ne s’arrête pas nécessairement au soir du scrutin. Le football guinéen a besoin que les programmes ne restent pas de simples arguments de campagne, mais qu’ils soient évalués, discutés et, lorsque leurs propositions sont pertinentes, traduits en actions. C’est aussi à cette capacité de faire vivre les idées au-delà des urnes que se mesurera la portée de son engagement.

Alpha DIALLO (+224 662 83 83 10)