La condamnation de l’ancien ministre Mohamed Diané à quatre ans et huit mois de prison par la chambre des appels de la CRIEF ne satisfait pas le procureur spécial Alphonse Charles Wright. Ce jeudi 15 octobre 2026, celui-ci a contesté le raisonnement juridique de la juridiction, notamment sur la prise en compte des règles de passation des marchés publics dans l’examen du dossier.

Pour le procureur spécial, l’existence d’un procès-verbal de réception ne suffit pas à écarter d’éventuelles violations des procédures de commande publique. « Comment peut-on dire que les règles des marchés publics n’ont pas été violées pour le seul motif qu’il existe un procès-verbal de réception ? », a-t-il interrogé.

Alphonse Charles Wright estime que le non-respect des règles prévues par le Code des marchés publics peut relever d’infractions assimilées à la corruption. Selon son argumentation, certains faits reprochés à l’ancien ministre auraient donc pu être retenus, même en l’absence de détournement de deniers publics établi par la juridiction.

La chambre des appels a condamné Mohamed Diané à quatre ans et huit mois d’emprisonnement, assortis d’une amende de trois milliards de francs guinéens, pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux. Elle l’a en revanche déclaré non coupable de détournement de deniers publics.

Le procureur spécial a enfin prévenu que le dossier ne marquait pas, à ses yeux, la fin du bras de fer judiciaire avec l’ancien ministre. « Dr Diané doit savoir que la bataille avec le parquet n’est pas terminée et qu’elle est loin de finir », a-t-il déclaré. Les suites judiciaires précises de cette contestation restent à établir.

AOD