Un an après son inauguration, le Data Center national de Koloma peine toujours à entrer en service. Lors d’une visite sur le site, le Premier ministre Amadou Oury Bah a constaté l’état d’avancement des travaux, évalué à près de 90 %, mais aussi le retard dans l’opérationnalisation de cette infrastructure financée à hauteur d’environ 10 millions de dollars américains.

Le constat rapporté ce lundi 14 septembre 2026 au journal de 20h30 de la télévision nationale est sans équivoque : le bâtiment est largement réalisé, mais les équipements nécessaires à son exploitation ne sont toujours pas en place. Aucune donnée n’y est hébergée et aucun service n’y est encore opérationnel.
Cette situation intervient alors que les ressources financières destinées au projet ont déjà été débloquées, selon le reportage.
Amadou Oury Bah exige une accélération
Face à ce retard, le Premier ministre veut désormais des résultats rapides. Il a demandé aux structures relevant du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation de faire remonter les informations nécessaires afin de permettre au gouvernement de prendre les décisions qui s’imposent.
« Il faudrait que le data center puisse être opérationnalisé le plus rapidement possible », a insisté Amadou Oury Bah, qui fixe un horizon de deux à trois semaines pour engager les premières mesures.
Le chef du gouvernement évoque notamment la question des ressources humaines et la possibilité de mettre en place, provisoirement, une structure capable d’assurer la gestion du centre en attendant la finalisation du dispositif institutionnel prévu.
Le ministère prépare un rapport
Le secrétaire général du ministère de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, Souleymane Thianguel Bah, annonce pour sa part la préparation d’un rapport destiné au Premier ministre.
« Le ministère va produire des documents à l’intention de M. le Premier ministre, un rapport qui va faire le point de tous ces éléments », a-t-il déclaré.
Pour le responsable, l’objectif est de permettre à cette infrastructure de jouer pleinement son rôle dans la sécurité des données, la connectivité, l’accès à Internet et l’indépendance du système de communication national.
« L’objectif d’un data center, c’est d’avoir un endroit où on peut héberger nos données pour le gouvernement, mais aussi pour les privés », a rappelé Souleymane Thianguel Bah.
Un enjeu de souveraineté numérique
Au-delà du retard technique, c’est la question de la souveraineté numérique de la Guinée qui se pose. Un Data Center national doit permettre au pays de disposer d’une infrastructure capable d’héberger et de sécuriser ses données sensibles.
Pour l’heure, le paradoxe demeure : près de 10 millions de dollars investis, 90 % des travaux annoncés comme réalisés, mais toujours pas d’équipements opérationnels près d’un an après l’inauguration.
Le compte à rebours est désormais lancé. Deux à trois semaines, c’est le délai fixé par le Premier ministre pour faire avancer l’opérationnalisation de ce qui est présenté comme l’un des piliers de la souveraineté numérique de la Guinée.
Salambandé pour eclatinfogn.com




