Quelques heures après le limogeage de deux ministres et d’un conseiller à la Présidence, le président de la République, Mamadi Doumbouya, a livré tard dans la nuit un message dans lequel il réaffirme sa détermination à faire respecter l’exigence d’exemplarité au sein de l’État. Sans citer nommément les responsables concernés, le chef de l’État a notamment insisté sur le fait qu’aucune position ni aucune proximité avec le pouvoir ne saurait soustraire un responsable à la « rigueur républicaine ».

La soirée de vendredi aura été marquée par une série de décisions présidentielles au sommet de l’État. Mory Condé, ministre de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, Mourana Soumah, ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation, ainsi que Mahamadou Abdoulaye Diallo, conseiller à la Présidence chargé de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, ont été démis de leurs fonctions.

Si les décrets n’ont pas précisé les motifs de ces limogeages, Mamadi Doumbouya a, quelques heures plus tard, publié un message dont une large partie est consacrée à la lutte contre la corruption et à l’exigence d’exemplarité dans la gestion de l’État.

Le président de la République s’y montre particulièrement ferme : « Contre la corruption, ma main ne tremblera pas. Aucun rang, aucune fonction, aucune proximité ne met quiconque à l’abri de la rigueur républicaine. »
« Les décisions intervenues ce soir en sont la preuve »

Sans faire directement référence aux trois responsables limogés, le chef de l’État établit néanmoins un lien explicite entre les décisions prises vendredi soir et le principe d’exemplarité qu’il entend imposer.

« Les décisions intervenues ce soir au sein de la République en sont la preuve : l’exigence d’exemplarité s’applique à tous, sans exception, à commencer par ceux qui servent à mes côtés. »

Cette précision donne une résonance particulière aux limogeages annoncés dans la soirée. À travers son message, Mamadi Doumbouya affirme ainsi que la position occupée, le niveau de responsabilité ou encore la proximité avec le sommet de l’État ne sauraient, selon lui, constituer une protection.

Le président de la République rappelle également sa conception de la Refondation, qu’il présente comme une exigence devant d’abord s’appliquer aux dirigeants eux-mêmes. « La Refondation n’est pas un slogan, elle est une discipline que nous nous imposons d’abord à nous-mêmes. »

Un retour anticipé au nom du « devoir »

Dans son message, Mamadi Doumbouya explique par ailleurs avoir écourté ses congés pour rentrer en Guinée. Le chef de l’État place cette décision sous le signe du devoir et de l’intérêt supérieur du pays.

« J’ai tenu à écourter mes congés pour rejoindre notre terre natale. Car ce pays qui m’a tout donné passe avant toute chose, avant moi-même. »

Cette séquence politique intervient donc dans un contexte de réaffirmation de l’autorité présidentielle. À travers les décisions prises vendredi soir et le message qui a suivi, Mamadi Doumbouya entend manifestement rappeler sa ligne : l’exigence de rigueur et d’exemplarité doit s’appliquer à tous, y compris à ceux qui exercent les plus hautes responsabilités à ses côtés.

Les motifs précis ayant conduit au limogeage de Mory Condé, Mourana Soumah et Mahamadou Abdoulaye Diallo n’ont toutefois pas été détaillés dans les décrets présidentiels rendus publics.

AOD