À l’approche du Championnat d’Afrique de Karaté de la Région 1, que Conakry s’apprête à accueillir, une situation met en lumière un sérieux paradoxe dans la préparation de la délégation guinéenne. Alors que le pays se prépare à recevoir les représentants de plusieurs nations africaines, ses propres athlètes seraient toujours privés de conditions d’hébergement adaptées.

La compétition doit débuter dans deux jours. Pourtant, les karatékas guinéens appelés à défendre les couleurs nationales seraient, depuis plusieurs jours, installés au Dojo National, où ils passent leurs nuits dans des conditions jugées difficiles, notamment avec une exposition importante aux moustiques.

Des conditions qui interrogent

À quelques heures d’une échéance sportive majeure, cette situation soulève des interrogations sur la préparation de la délégation guinéenne. Hébergement, récupération, sommeil et concentration constituent pourtant des paramètres essentiels lorsqu’un athlète doit entrer en compétition au plus haut niveau régional.

Le contraste est d’autant plus saisissant que les délégations étrangères attendues à Conakry bénéficieraient, elles, d’un hébergement hôtelier.

La question dépasse donc le simple confort des sportifs. Elle touche directement à leur capacité à récupérer correctement avant les combats et, par conséquent, à leurs chances de défendre efficacement les couleurs nationales.

Un problème d’anticipation ?

Au-delà des conditions d’hébergement, c’est également la préparation institutionnelle de cette compétition qui suscite des interrogations.

Selon les informations disponibles, depuis l’acceptation de la candidature de la Guinée pour accueillir le championnat par le ministère en charge des Sports, aucun véritable cadre de concertation régulier entre le département et la Fédération Guinéenne de Karaté n’aurait permis d’anticiper suffisamment les besoins liés à la préparation et à la prise en charge de la sélection nationale.

Ces éléments traduisent un déficit de coordination difficilement compatible avec l’envergure d’une compétition continentale organisée à domicile.

Car accueillir une compétition internationale ne consiste pas uniquement à ouvrir les portes du pays aux délégations étrangères. Cela implique également de préparer convenablement ceux qui portent le maillot national et seront les premiers ambassadeurs sportifs de la Guinée.

Accueillir l’Afrique, mais ne pas oublier les siens

Le paradoxe est désormais posé : la Guinée s’apprête à recevoir l’Afrique du karaté alors que ses propres représentants seraient confrontés à des conditions de préparation précaires sur leur territoire.

Ces athlètes seront pourtant les mêmes auxquels seront demandées des performances, des victoires et des médailles dès le début de la compétition.

La question est alors inévitable : peut-on raisonnablement exiger le meilleur d’un sportif lorsqu’on ne lui garantit pas, en amont, les conditions élémentaires nécessaires à sa récupération et à sa préparation ?

À deux jours du coup d’envoi, il reste encore une marge pour corriger le tir. L’enjeu n’est pas seulement organisationnel. Il est aussi symbolique : si la Guinée veut recevoir dignement ses hôtes, elle doit également être capable de traiter ses propres champions avec la même considération.

Parce qu’avant de réclamer des médailles au nom du pays, encore faut-il donner aux athlètes les moyens de les conquérir.

AOD