À Kissidougou, la prolifération des chiens errants devient une source croissante de préoccupation pour les populations. Dans plusieurs quartiers de la commune urbaine, ces animaux circulent en nombre, particulièrement à la tombée de la nuit, suscitant la peur parmi les habitants. Leur agressivité inquiète d’autant plus que certains s’attaquent aux personnes et au bétail.

La situation a pris une tournure particulièrement préoccupante avec le décès récent d’une jeune fille au quartier Limania, après une morsure attribuée à un chien errant. Une disparition qui ravive les inquiétudes des habitants et relance les appels à une intervention des autorités.

Au quartier Dounikônô, situé non loin du centre-ville, les riverains disent vivre avec la crainte permanente de croiser ces animaux, notamment aux premières heures de la journée. Selon Abdoulaye Keira, membre du bureau de la jeunesse du quartier, les chiens errants se déplacent parfois en meute et s’attaquent régulièrement aux animaux domestiques. « Ici à Dounikônô, nous sommes réellement menacés par des chiens errants, surtout quand la nuit tombe. Ils se promènent souvent en groupe pour attaquer nos moutons et nos chèvres. Nous avons peur pour nos enfants et les vieilles personnes qui se déplacent à l’aube pour rejoindre les différentes mosquées », témoigne-t-il.

Face à cette situation, les habitants demandent l’intervention des services compétents. Ils estiment ne pas disposer des moyens nécessaires pour faire face eux-mêmes à ces animaux qu’ils considèrent comme dangereux.

« Comme nous ne sommes pas habilités à abattre ces chiens, nous sollicitons l’implication des autorités locales afin de prendre cette affaire au sérieux en mobilisant les services compétents. Depuis que nous avons appris qu’une fille a été mortellement mordue par un chien au quartier Limania, nous sommes envahis par la peur, car ces chiens ne sont ni apprivoisés ni vaccinés. Ils sont à l’état sauvage », ajoute Abdoulaye Keira.

Le service de l’élevage apporte des explications

Accusé par certains citoyens de ne pas agir suffisamment face à la prolifération des chiens errants, le service de l’élevage de Kissidougou affirme que la question est prise en compte. Mais pour les responsables de la santé animale, l’abattage des chiens errants ne peut pas être organisé sans une procédure et des moyens appropriés.

Le docteur Fara Yombouno, chef de la section santé animale, reconnaît les inquiétudes des populations, tout en expliquant les contraintes auxquelles son service est confronté.« C’est normal que les citoyens s’inquiètent de leur sécurité et de celle de leur bétail. Aujourd’hui, beaucoup réclament l’abattage des chiens errants, mais je voudrais leur dire que ce n’est pas un refus ou un manque de volonté de notre part. L’abattage est une activité qui demande assez de moyens techniques et doit être initiée par la hiérarchie », explique-t-il.

Selon lui, une éventuelle campagne d’abattage doit être autorisée par le département compétent, qui devra également mettre les moyens nécessaires à la disposition des services locaux. Le responsable de la santé animale évoque également un phénomène naturel pouvant expliquer le regroupement inhabituel des chiens en cette période.« Les citoyens doivent comprendre que nous sommes actuellement dans la saison de lutte ou la période de monte pour ces animaux. S’il y a une femelle en chaleur quelque part, forcément les mâles vont se regrouper autour d’elle. C’est naturel », précise le docteur Fara Yombouno.

Un chien suspect abattu, des analyses attendues

Revenant sur le décès de la jeune fille à Limania, le chef de la section santé animale confirme avoir été informé par l’hôpital préfectoral de Kissidougou. Il précise toutefois que la victime n’avait pas été enregistrée auprès de son service. « Effectivement, nous avons été informés par l’hôpital préfectoral de Kissidougou qu’une fille a rendu l’âme à la suite de la morsure d’un chien. Mais je précise ici que la personne décédée n’a pas été enregistrée par notre service », indique-t-il.

Le responsable revient également sur le cas d’un chien qui aurait été mordu par un animal errant. La famille concernée avait d’abord sollicité les services vétérinaires, avant de faire appel à un autre praticien. Selon le docteur Fara Yombouno, le chien avait été soumis à un traitement par son service. Par la suite, la famille aurait contacté un autre vétérinaire qui a procédé à la castration de l’animal. Celui-ci est finalement mort.

Après avoir appris le décès du chien, le service de santé animale dit avoir recherché le vétérinaire concerné et l’avoir mis en garde. Dans le cadre des investigations, un chien suspect a également été retrouvé au quartier TP puis abattu. Des prélèvements ont été effectués sur l’animal et transmis au laboratoire. Les autorités vétérinaires attendent désormais les résultats des analyses.

En attendant ces résultats, la peur reste palpable dans plusieurs quartiers de Kissidougou. Le décès de la jeune fille de Limania a renforcé les appels à une action urgente contre la prolifération des chiens errants. Pour de nombreux habitants, une campagne spéciale de contrôle et d’abattage, menée par les services compétents, devient nécessaire afin de prévenir d’autres accidents.

Depuis Kissidougou, L’Héritier de Faramayah