Le ministère de l’Industrie, du Commerce et des PME, à travers le Fonds de Développement Industriel et des PME (FODIP), a officiellement lancé ce mardi le Club des Financeurs de l’Entreprise Guinéenne, un nouveau cadre permanent de concertation destiné à améliorer l’accès des Petites et Moyennes Entreprises (PME) au financement et à renforcer l’écosystème entrepreneurial national.

Présidée par le ministre Aboubacar Kourouma, la cérémonie a réuni les représentants des banques, institutions de microfinance, fonds de garantie, compagnies d’assurance, investisseurs privés et partenaires techniques et financiers. L’objectif est de créer un dialogue permanent entre les acteurs du financement afin d’apporter des réponses concrètes aux difficultés d’accès au crédit auxquelles sont confrontées les entreprises guinéennes.
Dans son discours, le ministre a livré un constat sans détour sur les blocages qui freinent le développement du secteur privé.« Le fossé entre l’offre et la demande de financement n’est pas une fatalité. C’est un problème que nous pouvons résoudre ensemble, à condition d’instaurer un dialogue structuré et permanent. »
Pour le ministre, le Club des Financeurs n’est pas une structure administrative supplémentaire, mais un véritable mécanisme de coordination chargé de rapprocher les institutions financières des entreprises porteuses de projets viables. Il permettra notamment de présenter aux établissements financiers un portefeuille de PME diagnostiquées, accompagnées et préparées selon les critères exigés par chaque financeur.
Cette initiative s’inscrit dans le prolongement de la Semaine du Financement des Entreprises Guinéennes (SFEG 2026), qui a enregistré 1 166 participants, permis la signature de cinq conventions, le diagnostic et l’accompagnement de 50 PME, ainsi que la publication de la première cartographie nationale des instruments de financement.
Le lancement du Club intervient dans un contexte où les PME demeurent le principal maillon fragile de l’économie africaine. En Guinée, elles sont souvent confrontées à une double difficulté : trop importantes pour bénéficier des mécanismes classiques de la microfinance, mais encore insuffisamment structurées pour répondre aux exigences des banques commerciales. Selon les estimations de l’IFC, les besoins de financement des PME africaines atteignent près de 400 milliards de dollars, tandis que seulement 17,5 % de cette demande est actuellement couverte.
Pour relever ce défi, le programme FIERE BOOST, mis en œuvre par Enabel dans le cadre de la coopération Guinée–Belgique, accompagne déjà une trentaine de PME à fort potentiel sur l’axe Conakry–Kindia–Mamou afin de les rendre plus compétitives, bancables et aptes à mobiliser des financements sous différentes formes.
Au-delà du financement, Aboubacar Kourouma a inscrit cette initiative dans la dynamique du programme Simandou 2040, présenté comme le principal levier de transformation économique du pays. Selon lui, le corridor de Simandou ne doit pas uniquement servir au transport et à l’exportation des minerais, mais devenir un véritable corridor de développement industriel, agricole, commercial et logistique.
Le ministre a appelé à préparer les PME guinéennes à saisir les opportunités générées par les grands projets structurants, notamment dans les domaines de la sous-traitance, de la construction, de la maintenance, de la logistique, de l’agro-industrie et de la transformation locale.
Il a également défini les grandes priorités assignées au Club des Financeurs : accélérer l’industrialisation par un meilleur financement des projets productifs, renforcer la formalisation et la structuration des PME, favoriser leur bancarisation et encourager une meilleure coordination entre tous les acteurs du financement.
« Nous ne voulons plus que la Guinée se contente d’exporter des matières brutes. La transformation locale est la clé de notre souveraineté économique », a insisté le ministre, annonçant que son département identifiera les secteurs industriels prioritaires afin de présenter aux banques des projets d’investissement solides et sécurisés.
En saluant l’appui de l’Agence belge de développement Enabel et des différents partenaires techniques, Aboubacar Kourouma a conclu en lançant un appel à la mobilisation collective.« Le développement de la Guinée passe par le renforcement des capacités de production et de commerce. C’est un combat économique qui nécessite une armée unie. Le Club des Financeurs est notre quartier général commun. »
À travers cette nouvelle plateforme de concertation, le ministère de l’Industrie, du Commerce et des PME entend poser les bases d’un écosystème financier plus inclusif, capable d’accompagner durablement les entreprises guinéennes et de faire des PME les véritables moteurs de la transformation économique du pays.
AAS




