La lutte contre la criminalité environnementale franchit un nouveau cap en Guinée. Soixante-dix agents conservateurs de la nature, dont 60 Guinéens et 10 Sénégalais, viennent d’achever une formation conjointe destinée à renforcer leurs capacités opérationnelles dans la protection des ressources naturelles.

La cérémonie de clôture, organisée ce mercredi à Conakry, consacre un mois d’apprentissage intensif consacré notamment aux techniques d’enquête, à l’assistance juridique, à la communication et aux méthodes de protection de la biodiversité.

Durant plusieurs semaines, les participants ont été soumis à un programme axé sur les réalités auxquelles sont confrontés les agents chargés de la conservation de la nature. L’objectif : mieux les préparer à faire face aux différentes formes de criminalité qui menacent les écosystèmes et les espèces protégées.

La formation intervient dans un contexte où les réseaux impliqués dans le trafic des ressources naturelles ne s’arrêtent pas aux frontières. Pour les autorités guinéennes et sénégalaises, la mutualisation des compétences apparaît donc comme un levier essentiel pour rendre la lutte plus efficace.

Le colonel Kabinè Kamano, directeur général du Corps des conservateurs de la nature, a notamment mis en avant l’importance des techniques d’enquête, de l’accompagnement juridique et de la communication dans le renforcement des capacités des agents.

Au-delà de la formation, cette initiative traduit le rapprochement entre les structures chargées de la gestion et de la protection des parcs nationaux des deux pays.

Le directeur des Parcs nationaux du Sénégal, le colonel Ibrahima Gueye, a insisté sur la nécessité de renforcer le partage d’informations et d’expériences entre les deux administrations. Une approche qui doit permettre aux agents de mieux anticiper les menaces et de coordonner leurs interventions face aux réseaux criminels opérant à l’échelle transfrontalière.

Cette dynamique de coopération a également été saluée par le représentant de la Wild Chimpanzee Foundation (WCF), partenaire engagé dans les initiatives de conservation de la biodiversité.

La cérémonie de remise des diplômes a été présidée par le Secrétaire général du ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD), Dr Karim Samoura.

Au nom du ministre Fassou Théa, il a souligné la portée stratégique de cette formation, qu’il a inscrite dans les orientations du programme Simandou 2040, notamment en matière de préservation de l’environnement et de valorisation durable du patrimoine naturel.

Le Secrétaire général a également adressé ses félicitations et sa reconnaissance au président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour son soutien aux initiatives visant à renforcer la protection de la biodiversité.

Désormais diplômés, les 70 agents sont appelés à mettre leurs nouvelles compétences au service de la conservation de la nature. À leur endroit, le Secrétaire général du MEDD a lancé un appel à l’intégrité, à la rigueur et au professionnalisme dans l’exercice de leurs missions.

La cérémonie s’est achevée par une série de démonstrations pratiques. Une séquence qui a permis aux nouveaux diplômés de mettre en évidence les connaissances et les aptitudes opérationnelles acquises durant leur formation.

À travers cette initiative, la Guinée et le Sénégal entendent ainsi consolider leur coopération dans la lutte contre la criminalité environnementale et mieux unir leurs forces pour préserver un patrimoine naturel qui dépasse les frontières

AAS