Coup de tonnerre dans l’administration territoriale de Siguiri. Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a annoncé la suspension de plusieurs hauts responsables de la préfecture, à travers un arrêté rendu public dans la nuit du vendredi 12 au samedi 13 juin 2026 sur les antennes de la Radiotélévision Guinéenne (RTG).

 

Parmi les cadres concernés figurent le colonel Seny Silver Camara, préfet de Siguiri, M. Amara Kaba, secrétaire général chargé des collectivités, M. Mamoudou Kouyaté, chef de cabinet de la préfecture, ainsi que Mme Fatoumata Binta Sow, directrice préfectorale de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

Dans le même arrêté, le département a procédé à la réorganisation provisoire de l’administration préfectorale afin d’assurer la continuité du service public. Le colonel Fayimba Mara a été désigné préfet par intérim. M. Alphonse Haba hérite du poste de secrétaire général, tandis que M. Mamadi HDM Condé est nommé chef de cabinet par intérim. De son côté, Mme Djaka Cissé prend les commandes de la direction préfectorale de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.

D’autres nominations ont également été annoncées. M. Aboubacar Yayi Camara devient directeur des micro-réalisations et M. Siriman Keïta est désormais chargé de l’organisation des collectivités.

Pour l’heure, les autorités n’ont fourni aucune explication officielle sur les raisons ayant motivé ces suspensions. Une absence de communication qui suscite de nombreuses interrogations au sein de l’opinion publique locale.

Cette décision intervient dans un contexte particulier marqué par la présence, depuis plusieurs jours à Siguiri, d’une mission présentée comme mandatée par la Présidence de la République. Selon plusieurs sources concordantes, cette équipe mène des opérations de recensement et de saisie d’engins de type Poclain, largement utilisés dans les activités d’exploitation minière artisanale de la région.

Ces équipements sont régulièrement cités parmi les facteurs contribuant à la dégradation de l’environnement dans cette importante zone aurifère du pays. Dès lors, plusieurs observateurs s’interrogent sur une éventuelle relation entre les investigations en cours et les mesures administratives annoncées.

Toutefois, en l’absence de déclaration officielle des autorités compétentes, aucun lien ne peut être établi à ce stade entre les deux situations.

La suspension simultanée du préfet de Siguiri et de plusieurs de ses principaux collaborateurs constitue néanmoins un fait majeur dans la gestion administrative de la préfecture. Les prochaines communications du gouvernement sont désormais attendues pour éclairer l’opinion sur les circonstances et les motivations de cette décision qui marque un tournant dans la gouvernance locale de Siguiri.

AAS