CONAKRY – Au lendemain des élections législatives et communales du 31 mai 2026, la Mission d’Observation Internationale des Experts Électoraux de la zone CEMAC a livré ses premières conclusions lors d’un point de presse animé ce lundi à la Maison de la Presse de Conakry.

Dans sa déclaration préliminaire, la mission estime que le scrutin s’est déroulé dans des conditions « globalement satisfaisantes », malgré quelques insuffisances observées sur le terrain.

Déployée à l’invitation des autorités guinéennes, la mission était composée d’experts électoraux, de juristes, d’universitaires et d’acteurs de la société civile issus de plusieurs pays africains, notamment du Bénin, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, du Mali, du Niger, du Sénégal, du Tchad et du Togo.

Les observateurs ont été répartis dans plusieurs régions du pays, notamment à Conakry, Kindia, Boké, Mamou, Labé, Faranah, Kankan et N’Zérékoré, où ils ont suivi les dernières étapes de la campagne électorale, les opérations de vote, le dépouillement ainsi que les premières phases de compilation des résultats.

Dans leur évaluation, les experts ont relevé que la campagne électorale s’est déroulée dans un climat globalement apaisé, marqué par une participation active des partis politiques et une forte mobilisation des électeurs dans plusieurs localités. Ils ont toutefois noté certaines préoccupations liées à l’accès inégal aux moyens de communication politique, à des allégations d’utilisation de ressources publiques à des fins électorales ainsi qu’à des inquiétudes exprimées sur le fichier électoral et la distribution des cartes d’électeur.

Concernant l’organisation du scrutin, la mission a constaté que le matériel électoral était disponible dans la majorité des centres visités et que les agents électoraux avaient bénéficié d’une formation préalable. Quelques retards dans l’acheminement du matériel ont néanmoins été signalés dans certaines zones rurales éloignées.

Le jour du vote, les observateurs ont noté que la plupart des bureaux de vote ont ouvert dans les délais prévus ou avec de légers retards sans impact majeur sur le déroulement des opérations. Ils ont également salué le professionnalisme des membres des bureaux de vote, la disponibilité du matériel essentiel, le respect du secret du vote ainsi que l’attitude des forces de sécurité, jugée professionnelle et discrète.

La mission a aussi mis en avant la participation notable des femmes, aussi bien comme électrices que comme agentes électorales, ainsi que les dispositions prises en faveur des personnes âgées et des personnes vivant avec un handicap.

Malgré ces constats positifs, les observateurs ont relevé quelques insuffisances ponctuelles, notamment des retards d’ouverture de certains bureaux, des difficultés d’identification de certains électeurs, des problèmes d’aménagement dans quelques centres de vote et des cas isolés de manque de matériel de remplacement. Selon eux, ces incidents n’ont toutefois pas compromis de manière significative l’expression du suffrage dans les zones observées.

Dans leurs recommandations, les experts de la CEMAC invitent le gouvernement à poursuivre les réformes de la gouvernance électorale et à renforcer le dialogue politique inclusif. Ils recommandent également à l’administration électorale d’améliorer la distribution des cartes d’électeur, la formation des agents électoraux et la communication à destination des citoyens.

En conclusion, la mission considère que les élections législatives et communales du 31 mai 2026 constituent « une étape importante dans le renforcement de la démocratie locale et nationale en République de Guinée ». Elle félicite le peuple guinéen pour son civisme et salue les efforts des autorités, des forces de sécurité, des partis politiques et de la société civile ayant contribué au bon déroulement du scrutin.

La Mission d’Observation Internationale des Experts Électoraux de la zone CEMAC, dirigée par Cyrille Nguiegang, a annoncé qu’elle poursuivra le suivi de la phase postélectorale jusqu’à la proclamation définitive des résultats avant la publication d’un rapport final détaillé.

AAS