La République de Guinée a marqué un tournant majeur de son histoire culturelle en participant pour la première fois à la Biennale Internationale d’Art de Venise, la plus grande exposition d’art contemporain au monde. Une première historique réalisée à l’occasion de la 61ᵉ édition, sur l’île de San Servolo, où la Guinée figure parmi les sept nouveaux pays entrants.

Le pavillon guinéen, intitulé « Le Son de l’Art  L’Écho de la Matière », rassemble cinq artistes issus du pays et de la diaspora : Sékou Oumar Thiam, Bella Bah, Pépé Michel Ange Lama, Fatoumata Kouyaté et Papa Youssoupha Seck. À travers leurs œuvres, ils portent une vision artistique profondément ancrée dans l’identité guinéenne, traversée par une idée forte : la lumière ne vient pas après la nuit, mais à travers elle.

Cette participation s’inscrit également dans un dispositif de coopération culturelle inédit entre la Guinée et l’Italie. Les œuvres guinéennes dialoguent avec celles d’artistes italiens, dans une démarche curatoriale portée par la Fondazione de Claricini Dornpacher et Artestuttura di Cividale del Friuli. La direction artistique est assurée par Carlo Stragapede, tandis que le commissariat revient à Bilia Bah, Directeur général des industries culturelles et créatives.

Au-delà de l’exposition, ce pavillon symbolise une vision politique assumée. Le programme s’inscrit dans la dynamique du Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, qui a fait de la culture un pilier central du programme Simandou 2040. Une ambition traduite par le ministère de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, qui œuvre à positionner les créateurs guinéens sur les scènes internationales.

Dans le catalogue du pavillon, le ministre rappelle que « la culture n’a jamais été un luxe », mais le premier langage d’un peuple. Une vision qui fait des artistes guinéens non pas de simples représentants, mais les voix d’une nation qui s’affirme sur la scène mondiale.

Au-delà de Venise, cette participation ouvre la voie à une dynamique durable entre Conakry et l’Italie, et pose les bases d’un écosystème culturel appelé à renforcer la place de la création guinéenne dans le monde.

Sory Binta BAH