Ce lundi 11 mai 2026, le mouvement indépendant « Kaloum Yigui » a marqué les esprits lors d’un point de presse solennel organisé dans un complexe hôtelier de la presqu’île. Le parti, porté autrefois par l’héritage de feu Hadja Aminata Touré, a officiellement lancé sa course pour les communales du 31 mai en présentant sa candidate, Mame Aissata Camara, et un projet de société qui se veut une réponse directe aux paradoxes économiques de la zone portuaire.

Devant une audience composée de sages, de quelques hommes et d’un parterre de femmes particulièrement mobilisées, les responsables du mouvement ont d’abord brossé un portrait sans concession de la situation actuelle. Alhassane Sylla, secrétaire administratif de Kaloum Yigui, a rappelé l’urgence d’une gestion locale plus performante face aux mutations du pays
« La Guinée est en train de se transformer. Avec 17,5 millions d’habitants en 2026, notre pays est jeune, dynamique et plein d’énergie. La croissance économique pourrait dépasser les 10% grâce au programme Simandou 2040, l’investissement le plus ambitieux de l’histoire de la Guinée. Pourtant, cette croissance ne profite pas encore à tout le monde. La pauvreté touche encore 43 à 52% de nos compatriotes. Les femmes, les jeunes et les habitants des quartiers populaires, comme ceux de Kaloum, en souffrent le plus. » Pour le mouvement, l’heure est venue de faire de Kaloum le véritable bénéficiaire de sa position stratégique de carrefour portuaire.

Prenant ensuite la parole avec émotion, la candidate Mame Aissata Camara a ancré son discours dans son histoire personnelle et son attachement viscéral à la commune. Elle a d’emblée clarifié le sens de sa démarche
« Si je me tiens devant vous aujourd’hui, ce n’est pas par complaisance, ni par simple ambition politique. Je me tiens devant vous par responsabilité, par amour et par devoir envers cette commune qui nous unit. Je suis une femme de Kaloum. J’ai grandi dans ces rues, respiré l’air de son port, entendu les battements de son histoire. Comme vous, j’ai vu des jeunes talentueux perdre confiance, faute d’opportunité. Comme vous, j’ai vu notre commune, pourtant cœur battant de la Guinée, être oubliée dans ses besoins les plus essentiels. Et aujourd’hui, je refuse de rester spectateur. »

Abordant le volet social, elle a tenu à rassurer les couches les plus vulnérables en insistant sur une politique d’inclusion réelle
« À la jeunesse de Kaloum, je veux dire ceci : vous n’êtes pas un problème à gérer, vous êtes une force à libérer. Votre énergie et votre créativité doivent devenir le moteur de notre commune. À nos mamans, à nos femmes courageuses qui portent les familles à bout de bras malgré les difficultés, votre dignité sera respectée et votre place dans les discussions sera renforcée. » Elle a martelé que son programme, loin d’être conçu dans l’ombre, était le reflet des préoccupations nées dans les concessions et sur les marchés de la presqu’île.
La candidate a conclu ce point de presse en lançant un appel au rassemblement, au-delà des étiquettes politiques, pour un scrutin qu’elle considère comme historique : « Le 31 mai 2026 ne sera pas une simple date électorale. Ce sera un rendez-vous avec notre destin collectif. Ce jour-là, vous ne choisirez pas seulement une candidate, vous choisirez une vision. Je ne vous promets pas des miracles. Je vous promets du travail, de la présence sur le terrain et une gestion responsable. Je vous promets une mairie qui écoutera enfin sa population et qui agira avec sérieux. »
À quelques semaines du vote, Kaloum Yigui semble ainsi vouloir transformer la mémoire de son ancienne présidente en une nouvelle dynamique citoyenne, résolument tournée vers l’avenir.
Tcherno le Top Diallo




