La Mamaya de Kankan franchit une nouvelle étape vers la reconnaissance internationale avec l’avant-première du documentaire « Mamaya, danse éternelle de Kankan », réalisé par la productrice guinéenne Diaka Camara. Présentée à Conakry, l’œuvre s’inscrit comme un levier stratégique pour porter la candidature de cette danse au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

À travers ce film, Diaka Camara met en lumière une danse collective mandingue née dans les années 1930 à Kankan, symbole d’unité, de paix et de cohésion sociale. L’objectif est double : préserver cette expression culturelle et structurer un dossier solide pour sa reconnaissance internationale. « On ne peut pas s’approprier quelque chose que l’on ne connaît pas », a-t-elle souligné, affirmant la vocation du documentaire comme outil de transmission et de valorisation.

L’initiative a mobilisé plusieurs acteurs culturels et institutionnels. Le Directeur général du Fonds de Développement des Arts et de la Culture ainsi que des figures du secteur ont salué un projet capable de hisser la Mamaya au rang de symbole national.

Le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, a apporté un soutien fort à cette dynamique, annonçant la réactualisation de la liste nationale indicative des biens culturels, une première en vingt ans, avec l’intégration de la Mamaya. Il a toutefois insisté sur la nécessité de préserver son authenticité. « Dans la Mamaya, les gens voient la Guinée qui se célèbre », a-t-il affirmé.

Au-delà du documentaire, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de structuration des expressions culturelles à l’échelle nationale, avec la valorisation des grandes traditions régionales comme leviers d’unité et de rayonnement.

À travers ce projet, la Guinée renforce sa stratégie de préservation et de promotion de son patrimoine, en positionnant la Mamaya comme une candidature crédible sur la scène culturelle internationale.

Sory Binta BAH