Conakry – À quelques heures de l’investiture du Général Mamadi Doumbouya comme président de la République de Guinée, la Coordination nationale de Tournons La Page – Guinée (TLP-Guinée) tire la sonnette d’alarme sur ce qu’elle qualifie d’« épidémie de disparitions forcées » et de violations graves des droits humains dans le pays.

Dans un communiqué de presse rendu public, l’organisation interpelle directement les chefs d’État, délégations étrangères, institutions internationales et missions diplomatiques attendus à Conakry pour la cérémonie. Elle dit observer, depuis le coup d’État du 5 septembre 2021, une dégradation continue de la situation des libertés publiques sous le régime du Comité National du Rassemblement pour le Développement (CNRD).

Selon TLP-Guinée, les forces de défense et de sécurité sont mises en cause dans des actes de répression violente visant des citoyens exerçant leur droit à la liberté d’expression, de réunion et de manifestation pacifique. L’organisation affirme qu’au moins 70 personnes, dont des enfants et des civils non impliqués, auraient perdu la vie entre 2022 et 2025 lors de ces événements.

Le mouvement dénonce également une gouvernance marquée, selon ses termes, par la corruption, les enlèvements arbitraires, la torture, les traitements inhumains et dégradants, ainsi que l’exil forcé de plusieurs acteurs de la société civile. Des figures comme Oumar Sylla dit Foniké Menguè, Mamadou Billo Bah et Habib Marouane Camara sont citées parmi les personnes portées disparues après leur interpellation présumée par les autorités.

Face à cette situation, TLP-Guinée appelle le Général Mamadi Doumbouya et le CNRD à révéler le sort des personnes disparues, à libérer celles qui seraient détenues arbitrairement ou à les présenter devant un juge indépendant, et à mettre fin à la répression des voix dissidentes.

À l’endroit de la communauté internationale, l’organisation demande notamment le soutien à l’ouverture d’une enquête internationale, impliquant le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme (HCDH), les procédures spéciales de l’ONU et la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP). Elle appelle également à la suspension de toute coopération sécuritaire et militaire avec les forces guinéennes impliquées, tant que les responsabilités ne sont pas établies et sanctionnées.

Se présentant comme une sentinelle de la démocratie et des droits humains, TLP-Guinée affirme qu’elle poursuivra ses actions de manière pacifique pour la défense des libertés fondamentales et de la bonne gouvernance en Guinée.

 

 

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