Le ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement (MPCID) a organisé, le 27 octobre 2026 à Conakry, un atelier national de validation technique du rapport diagnostique de la Stratégie nationale de développement du capital humain. Cette rencontre, conduite à travers la Direction nationale de la Population et du Développement économique (DNPDE), constitue une étape préparatoire à l’élaboration de cette stratégie.

Le diagnostic porte sur cinq domaines essentiels au développement du capital humain : la santé et la nutrition, l’éducation et la formation, l’emploi et l’entrepreneuriat, la protection sociale ainsi que le cadre de vie. Il vise à dresser un état des lieux des acquis, à identifier les insuffisances persistantes et à dégager les priorités d’intervention pour les prochaines années.

Le processus a mobilisé plusieurs acteurs à travers des ateliers régionaux, suivis d’étapes de validation par le comité technique de suivi et le comité de pilotage, avec l’appui du cabinet AMD International.

Le rapport met en évidence des avancées, notamment dans le domaine de la santé maternelle, où la mortalité maternelle a quasiment été divisée par deux depuis 2005. Des difficultés importantes demeurent toutefois, en particulier la prédominance de l’emploi informel, la faible couverture de la protection sociale, les disparités régionales, les grossesses précoces et l’abandon scolaire.

Selon les données présentées lors de l’atelier, l’indice national de développement du capital humain s’établit à 0,37, tandis que moins de 15 % des travailleurs bénéficient d’une couverture de protection sociale. Ces indicateurs soulignent l’ampleur des efforts à fournir pour améliorer les conditions de vie et renforcer les capacités de la population.

Prenant part aux travaux, le ministre Ismaël Nabé a rappelé la place centrale du capital humain dans la trajectoire de développement du pays. « Le capital humain est le fondement, le moteur et la finalité du développement », a-t-il déclaré, appelant à faire de la future stratégie un véritable instrument de transformation plutôt qu’un simple document technique.

Le ministre a également souligné la nécessité d’inscrire cette démarche dans la vision de développement portée par le programme Simandou 2040, afin de mieux articuler les investissements économiques avec les besoins sociaux et le renforcement des compétences.

Les interventions d’Abdoulaye Sanoh, représentant la DNPDE, de Maddalena Bertolotti, pour l’UNICEF, et la présentation d’Idrissa Ouedrago, du cabinet AMD International, ont également mis l’accent sur l’importance d’investir dans le capital humain dès les premières étapes de la vie, de réduire les inégalités et de privilégier la mise en œuvre effective des politiques publiques.

La validation du rapport diagnostique doit permettre d’engager la prochaine phase, consacrée à l’élaboration de la Stratégie nationale de développement du capital humain. Celle-ci devra définir les priorités et les interventions nécessaires pour répondre aux défis identifiés dans les différents secteurs.

L’enjeu pour la Guinée sera de traduire ce diagnostic en mesures concrètes, capables d’améliorer durablement l’accès aux services sociaux, les possibilités d’emploi et la protection des populations sur l’ensemble du territoire.

AOD