Ce 12 octobre 2026 restera comme une date particulière dans l’histoire du projet Simandou. À bord du train de voyageurs du TransGuinéen, le CTG, les membres du Comité stratégique de Simandou et plusieurs hauts cadres de l’Administration ont parcouru une partie de ce vaste corridor ferroviaire présenté comme l’un des grands leviers de transformation économique de la Guinée.

À hauteur de Kindia, le train s’est engagé dans un ouvrage spectaculaire : un tunnel ferroviaire à double voie d’environ 12 kilomètres. Conçu, réalisé et mis en service en moins de trois ans, cet ouvrage constitue l’un des symboles les plus visibles des infrastructures développées dans le cadre de Simandou.

À bord du train, cette traversée a aussi été l’occasion de mesurer le chemin parcouru. Derrière ces kilomètres de rails et de béton se trouvent des ingénieurs, des techniciens et des ouvriers mobilisés pendant plusieurs années pour donner corps à une infrastructure longtemps considérée comme difficile à concrétiser.

Le tunnel s’insère dans un corridor ferroviaire à double voie de dernière génération, long de plus de 650 kilomètres. Au total, l’infrastructure représente plus de 1 300 kilomètres de rails et doit permettre d’assurer la connexion des différentes composantes du projet Simandou.

Pour les autorités guinéennes, cette réalisation dépasse donc la seule dimension infrastructurelle. Elle traduit une volonté de faire du développement des ressources minières un instrument au service de l’économie nationale.

Pendant des décennies, les richesses minières du pays ont été au cœur de nombreuses promesses. Avec Simandou, le discours officiel met désormais l’accent sur une nouvelle approche : davantage de retombées pour l’économie guinéenne, des opportunités pour les entreprises locales, la création d’emplois, la formation et le transfert de compétences et de technologies.

L’ambition affichée est également de favoriser la transformation locale des ressources et de faire du corridor Simandou un important axe logistique. À terme, la Guinée entend ainsi renforcer sa position économique et stratégique dans la sous-région ouest-africaine, avec une perspective plus large à l’échelle du continent.

Au-delà du minerai de fer, Simandou est ainsi présenté comme un projet structurant pour la transformation du pays. Il constitue l’un des piliers du Programme Simandou 2040, dont l’objectif annoncé est d’inscrire les infrastructures, l’économie et le capital humain dans une dynamique de développement à long terme.

Dans cette vision, la discipline et la rigueur sont présentées comme des conditions essentielles à la réussite du programme. Mais les infrastructures ne sauraient, à elles seules, garantir les résultats attendus.

C’est dans cette logique que la question du capital humain occupe une place importante, notamment à travers l’initiative Simandou Academy. L’objectif affiché est de permettre aux jeunes et aux femmes de prendre une part active aux différentes opportunités générées par le programme.

Formation, emploi, entrepreneuriat, transfert de compétences et participation des entreprises guinéennes : autant d’enjeux appelés à accompagner les investissements réalisés autour de Simandou.

La traversée du tunnel ferroviaire de Kindia apparaît ainsi comme bien plus qu’un simple déplacement en train. Elle donne à voir, concrètement, une partie d’une infrastructure appelée à jouer un rôle majeur dans la stratégie économique de la Guinée.

À travers le TransGuinéen, c’est donc une nouvelle page de l’histoire industrielle et infrastructurelle du pays qui commence à s’écrire.

Le pari des autorités est désormais de transformer ces infrastructures en opportunités durables pour les populations et de faire de Simandou 2040 un véritable moteur de développement national. Le train est en marche. Reste désormais à faire en sorte que ses retombées profitent durablement à l’ensemble de la nation.

AAS